En un an, la consommation de poulet a bondi de 10 % en France, propulsant cette volaille au sommet des assiettes tricolores. Loin du traditionnel jambon-beurre, c’est désormais le blanc de poulet qui régale petits et grands, toutes confessions confondues. Une évolution spectaculaire qui reflète les nouveaux réflexes alimentaires d’un pays en quête de protéines saines, abordables, et compatibles avec une société de plus en plus diverse. Le poulet, consensuel et caméléon culinaire, coche toutes les cases. La volaille rassure : elle est perçue comme saine, économique, et adaptable à toutes les préparations, des nuggets à l’escalope. Pour les familles, pour les enfants, pour les régimes alimentaires… le poulet est devenu un réflexe.
Une explosion de la demande… et une dépendance inquiétante
Mais cette poule aux œufs d’or a un revers : la France ne suit plus la cadence. Autrefois exportatrice, elle importe désormais près d’un poulet sur deux, notamment depuis la Pologne, la Belgique et surtout l’Ukraine. Les producteurs français tirent la sonnette d’alarme : la concurrence est féroce, souvent déloyale, et pousse l’Hexagone à renoncer à une partie de sa souveraineté alimentaire. À Rungis, le plus grand marché de frais au monde, la tendance est claire : on vend surtout du poulet découpé ou transformé. Cordons-bleus, nuggets et autres produits standards explosent, laissant peu de place aux volailles entières ou aux productions haut de gamme type Label Rouge. Résultat : la filière française, concentrée sur la qualité, ne peut pas rivaliser en volume. Il manquerait au pays environ 400 poulaillers pour couvrir ses besoins dans les cinq années à venir. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard promet des annonces pour redresser la barre. Mais en attendant, le poulet français perd du terrain, et les Français, sans toujours le savoir, croquent de plus en plus dans des volailles venues de loin.