Dans le cadre de ses efforts pour enrayer le déclin démographique, la Chine a annoncé mercredi l’allocation d’un budget initial de 90 milliards de yuans — soit environ 12,5 milliards de dollars — destiné à financer des subventions pour la garde d’enfants en 2025. Cette initiative marque une nouvelle étape dans la stratégie de Pékin pour stimuler les naissances et soutenir les familles, alors que le pays fait face à une baisse continue de son taux de natalité.
Le ministère chinois des Finances a confirmé le déblocage de cette enveloppe, qui s’inscrit dans un programme plus large de soutien financier aux jeunes parents. Ce dispositif prévoit des paiements directs et des subventions aux services de garde, aux crèches et aux structures d’accueil, dans l’objectif de réduire le coût élevé associé à l’éducation des jeunes enfants — l’un des principaux freins à la parentalité dans les zones urbaines chinoises.
Cette annonce intervient alors que la Chine connaît une chute historique de sa population depuis 2022. Le pays le plus peuplé du monde est confronté à un vieillissement rapide et à une main-d’œuvre en diminution, des dynamiques qui inquiètent les autorités en matière de croissance économique, de compétitivité et de viabilité des systèmes sociaux. Le gouvernement a abandonné sa politique de l’enfant unique en 2016, autorisant d’abord deux puis trois enfants par couple, mais ces mesures n’ont pas suffi à inverser la tendance.
Les dépenses liées à la garde d’enfants, à l’éducation et au logement sont régulièrement citées par les jeunes couples chinois comme des obstacles majeurs à la constitution d’une famille. En réponse, Pékin tente de construire un « environnement favorable à la naissance », en combinant aides financières, allégements fiscaux, congés parentaux prolongés et incitations locales.
Ce budget de 12,5 milliards de dollars pour l’année 2025 pourrait encore augmenter, selon les analystes, si les autorités jugent que des résultats rapides sont nécessaires. Certaines provinces ont déjà expérimenté des politiques pilotes, comme la gratuité partielle des crèches ou des allocations mensuelles pour les familles avec plusieurs enfants.
Alors que la question démographique devient centrale dans les préoccupations de l’État chinois, cette subvention massive à la garde d’enfants montre la volonté de Pékin d’agir concrètement. Reste à voir si ces mesures parviendront à convaincre les jeunes générations de revoir à la hausse leurs projets familiaux dans un contexte économique encore incertain.