Bac et rentrée 2026, le retour de « l’exigence » dans les couloirs de l’école
Bac et rentrée 2026, le retour de « l’exigence » dans les couloirs de l’école

Dans les établissements, le mot circule comme une consigne officieuse mais bien réelle : exigence. Exigence au baccalauréat, exigence dès la rentrée, exigence dans les copies comme dans les comportements. Le message, porté par l’exécutif et relayé par l’appareil éducatif, vise un objectif simple à comprendre pour le lecteur: redonner du poids à un diplôme dont beaucoup soupçonnent, depuis des années, qu’il s’est allégé au fil des réformes et de la montée du contrôle continu.

Car le bac version 2021 a changé la mécanique. Une part importante de la note repose désormais sur l’évaluation au long cours, avec tout ce que cela charrie de débats très français: comparabilité des notes entre lycées, pression sur les équipes, soupçon d’inflation des moyennes, dossiers Parcoursup qui deviennent des vitrines parfois inégales selon les territoires. À force d’ajustements de calendrier et de discussions sur les épreuves, une idée s’est installée: il faut resserrer les boulons, surtout sur l’écrit, la maîtrise de la langue, la rigueur en mathématiques.

Sur le terrain, cette « exigence » ressemble à un inventaire de décisions concrètes qu’on connaît déjà par bribes: renforcer les fondamentaux, multiplier les évaluations nationales, encadrer plus strictement l’assiduité, rappeler les règles de vie scolaire. Les élèves le sentent tout de suite, les familles aussi. Un contrôle continu plus surveillé, des attentes plus nettes sur l’orthographe et l’expression, une place des maths qui revient dans le débat, ce sont des signaux lisibles, presque politiques dans leur simplicité.

« Remonter le niveau »… et recoller les morceaux

Reste que l’école n’est pas un bouton qu’on tourne d’un cran. À chaque annonce de « remise à niveau », les syndicats et une partie des enseignants répliquent, souvent sur le même registre: on peut exiger, encore faut-il donner les moyens, du temps et de la cohérence. Dans les salles des professeurs, le mot « injonction » revient vite, avec une inquiétude sourde: demander plus sans régler le manque de remplaçants, les classes chargées, l’empilement des réformes ou les difficultés scolaires déjà présentes dès le collège.

Derrière le slogan, la bataille est aussi celle de la valeur du bac. Un diplôme doit certifier un niveau, pas seulement accompagner une génération. Or les taux de réussite élevés, devenus la norme, alimentent l’idée d’un examen qui ne tranche plus vraiment, pendant que Parcoursup, lui, trie bel et bien. Le risque, à force de corriger le bac à la marge, serait de laisser prospérer une défiance plus large: celle d’une école qui promet l’égalité mais produit des écarts, parfois abyssaux, entre établissements et entre élèves.

La rentrée qui s’annonce se jouera donc sur des détails très concrets: consignes de correction, place accordée au travail écrit, dispositifs de soutien, sanctions face à l’absentéisme, cadre posé contre le harcèlement, attentes affichées dès septembre. L’« exigence » peut faire du bien si elle clarifie et protège, elle peut aussi se heurter au réel si elle n’est qu’un mot d’ordre. Et dans les couloirs, une chose est sûre: cette fois, on jugera moins les intentions que la façon dont elles tiendront, semaine après semaine, face à une école qui fatigue mais qui, quand elle se redresse, sait encore surprendre.

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