Dans les vastes plaines inondées du Bangladesh, où les crues saisonnières paralysent régulièrement les routes et isolent des villages entiers, des « écoles flottantes » permettent à des milliers d’enfants de continuer à apprendre malgré les eaux montantes. Ces bateaux solaires, conçus et exploités par l’ONG Shidhulai Swanirvar Sangstha, incarnent une solution ingénieuse face aux effets du changement climatique.
Chaque embarcation, aménagée comme une véritable salle de classe, transporte quotidiennement des enseignants et du matériel pédagogique vers les communautés les plus touchées. À bord, les enfants suivent les cours de mathématiques, de sciences ou de lecture, souvent les pieds dans l’eau. « Même quand tout est inondé, l’école vient à nous », confie Safikul Islam, 10 ans, élève dans la région de Bhangura, au nord-ouest du pays.
Ces écoles solaires sont équipées d’ordinateurs, de panneaux photovoltaïques et de bibliothèques mobiles. Elles se déplacent selon les besoins des villages, offrant une éducation continue dans des zones où les établissements traditionnels restent fermés plusieurs mois par an à cause des intempéries.
Le Bangladesh, l’un des pays les plus vulnérables au réchauffement climatique, fait face à une hausse des inondations et de l’érosion fluviale. Selon les autorités, plus de 20 % du territoire pourrait être submergé d’ici la fin du siècle si le niveau de la mer continue de monter.
Pour les enseignants, ces écoles flottantes représentent bien plus qu’un moyen d’instruction : elles sont un symbole d’espoir. « Nos élèves apprennent que même face à la montée des eaux, on peut toujours avancer », explique un instituteur du programme.
Grâce à ce modèle, plusieurs milliers d’enfants — souvent issus de familles de pêcheurs et d’agriculteurs — ont pu poursuivre leur scolarité, prouvant que, même dans les régions les plus exposées aux catastrophes naturelles, la volonté d’apprendre peut toujours flotter.