Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a mis en garde ce vendredi contre les risques accrus de ralentissement économique dans la zone euro, tout en affirmant que l’inflation était désormais sous contrôle. Selon lui, la croissance est clairement orientée à la baisse, même si une récession devrait être évitée en 2025.
S’exprimant à Londres devant le Forum officiel des institutions monétaires et financières (OMFIF), François Villeroy de Galhau a qualifié la situation actuelle de « ralentissement désinflationniste », marquée par un ralentissement économique couplé à une maîtrise progressive de l’inflation. Il a notamment souligné la « stagnation quelque peu décevante » du PIB de la zone euro au quatrième trimestre 2024, avec une croissance annuelle limitée à 0,7 %. Malgré tout, le gouverneur estime que la zone euro devrait éviter une récession cette année.
Face à cette situation, il juge que la Banque centrale européenne (BCE) devra adapter sa politique monétaire en passant progressivement d’une approche restrictive à une posture plus neutre. Cette transition devrait permettre de soutenir une reprise économique progressive tout en garantissant le maintien de l’inflation autour de l’objectif de 2 % fixé par la BCE.
Depuis juin 2024, la BCE a déjà procédé à cinq baisses de taux successives, dans le but de relancer l’activité économique et d’éviter un ralentissement prolongé. Toutefois, François Villeroy de Galhau a insisté sur la nécessité d’adopter une approche pragmatique, fondée sur l’évolution des données économiques. « À quelle vitesse et jusqu’où devons-nous aller dans ce voyage ? », s’est-il interrogé, soulignant que les décisions à venir devront être prises avec agilité afin de concilier soutien à la croissance et stabilité des prix.
L’inflation en zone euro semble désormais maîtrisée, avec des prévisions indiquant qu’elle devrait se stabiliser autour de 2 % d’ici l’été. En France, les dernières données montrent une hausse de l’indice harmonisé des prix à la consommation (IPCH) de 1,8 % sur un an en janvier, confirmant la tendance observée en décembre.
Cependant, plusieurs incertitudes demeurent, notamment la divergence inhabituelle entre les taux d’intérêt à court et à long terme. Cette situation, particulièrement marquée aux États-Unis, s’explique en grande partie par des déficits budgétaires toujours élevés dans de nombreuses économies avancées, ainsi que par des incertitudes géopolitiques croissantes.
En conclusion, si la BCE semble sur la bonne voie pour maîtriser l’inflation, la prudence reste de mise face aux risques pesant sur la croissance. Les prochaines décisions de politique monétaire seront donc cruciales pour éviter un ralentissement économique plus marqué dans la zone euro.