Le président américain Donald Trump a vivement critiqué jeudi Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, après la décision de l’institution de maintenir ses taux d’intérêt inchangés. Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Trump s’en est pris personnellement à Powell, qu’il a qualifié de « perdant total », l’accusant de nuire à l’économie américaine par son inaction.
« Jerome Powell, “trop tard”, a encore frappé !!! Il est TROP TARD », a écrit Trump, reprenant le surnom désobligeant qu’il lui attribue depuis plusieurs mois. « Autrement dit, “trop tard” est un PERDANT TOTAL, et notre pays en paie le prix ! » a-t-il ajouté, en référence à ce qu’il estime être une mauvaise gestion des taux d’intérêt dans un contexte économique instable.
La veille, la Réserve fédérale avait décidé par 9 voix contre 2 de maintenir ses taux directeurs inchangés, une décision jugée prudente par les observateurs, mais trop timide aux yeux du président. Trump, qui a fait de la croissance économique un pilier de son second mandat, réclame depuis plusieurs semaines une baisse des taux, estimant que des conditions monétaires plus souples sont nécessaires pour stimuler l’investissement et renforcer le dollar.
Ce n’est pas la première fois que Trump s’en prend à Jerome Powell. Déjà durant son premier mandat, il avait fréquemment critiqué le président de la Fed, malgré la tradition d’indépendance de l’institution monétaire. Ces attaques répétées soulèvent des inquiétudes sur l’ingérence politique dans la politique monétaire, un sujet sensible aux États-Unis où la séparation entre les pouvoirs exécutif et économique est considérée comme fondamentale.
De son côté, la Réserve fédérale justifie son maintien des taux par la nécessité d’observer de manière plus complète l’évolution de l’inflation, encore fluctuante, et de préserver la stabilité des marchés. Elle a également laissé entendre qu’elle restait ouverte à des ajustements dans les mois à venir si les conditions économiques le justifiaient.
Mais pour Trump, cette prudence est un signe de faiblesse. En période de campagne électorale intense, alors que l’économie américaine fait face à des signaux mixtes, ses critiques contre Powell s’inscrivent dans une stratégie politique plus large visant à désigner des responsables à ce qu’il présente comme une fragilisation injustifiée de la reprise économique.