Trump donne son feu vert au rachat de US Steel par le japonais Nippon Steel pour 14,9 milliards de dollars
Trump donne son feu vert au rachat de US Steel par le japonais Nippon Steel pour 14,9 milliards de dollars

Le président américain Donald Trump a approuvé vendredi l’acquisition du géant US Steel par le sidérurgiste japonais Nippon Steel, pour un montant de 14,9 milliards de dollars. Ce feu vert met fin à 18 mois de tractations intenses, jalonnées de critiques syndicales, de controverses politiques et de deux examens de sécurité nationale. L’accord prévoit que Nippon Steel prendra le contrôle total de l’entreprise emblématique de l’acier américain.

La validation présidentielle est conditionnée à la signature d’un accord avec le département du Trésor américain afin de répondre aux préoccupations sécuritaires liées à la transaction. Les deux entreprises ont rapidement confirmé la conclusion d’un tel accord, ce qui officialise la fusion. « Nous sommes impatients de tenir nos engagements pour rendre à nouveau formidables la sidérurgie et l’industrie manufacturière américaines », ont-elles déclaré dans un communiqué commun, remerciant au passage Donald Trump.

L’accord comprend notamment 11 milliards de dollars d’investissements à réaliser d’ici 2028, ainsi que des engagements en matière de gouvernance, de production et de politique commerciale. Nippon Steel a précisé qu’elle prendrait 100 % de participation dans US Steel, dont le siège est situé en Pennsylvanie. Toutefois, aucune précision n’a été donnée sur les « actions privilégiées » promises au gouvernement américain, lesquelles pourraient conférer un droit de veto à Washington sur certaines décisions stratégiques.

Ce rachat permettra à US Steel, en difficulté depuis plusieurs années, de bénéficier d’un apport financier crucial pour profiter des vastes projets d’infrastructure lancés aux États-Unis. Il permettra également à Nippon Steel, quatrième producteur mondial, d’élargir sa présence sur un marché stratégique, tout en contournant les lourds droits de douane imposés à d’autres producteurs étrangers.

Le gouvernement japonais a salué l’approbation de l’accord, estimant qu’il renforcerait la coopération industrielle et technologique entre les deux pays. De son côté, Trump a qualifié Nippon Steel de « partenaire excellent » et a assuré que l’accord permettrait de revitaliser l’acier américain, un message bien accueilli à quelques jours du sommet du G7.

L’offre de rachat, initialement lancée en décembre 2023, avait été bloquée par Joe Biden peu avant la fin de son mandat, provoquant un recours judiciaire des entreprises concernées. Son approbation aujourd’hui consacre un tournant dans la politique industrielle américaine, où l’investissement étranger bénéficie d’un soutien présidentiel malgré les tensions géopolitiques et commerciales persistantes.

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