La Banque d’Angleterre (BoE) a décidé ce jeudi d’abaisser son taux directeur à 4,5 %, tout en révisant fortement à la baisse ses prévisions de croissance pour 2025. Face à une économie britannique fragile et aux incertitudes liées aux droits de douane américains, l’institution adopte une approche prudente mais graduelle.
Les économistes anticipaient cette troisième baisse d’un quart de point en six mois, après celles d’août et de novembre. Deux des neuf membres du comité monétaire ont même plaidé pour une réduction plus marquée de 0,5 point. La BoE divise ainsi par deux sa prévision de croissance pour 2025, la ramenant à 0,75 % contre 1,5 % précédemment. Pour 2024, la révision est plus modérée, passant de 1 % à 0,75 %.
L’institution souligne que l’incertitude commerciale mondiale s’est aggravée avec l’élection de Donald Trump, notamment en raison de ses menaces de sanctions contre la Chine et de taxes douanières qui pourraient affecter indirectement l’économie britannique. Même si le Royaume-Uni n’est pas directement visé, les entreprises pourraient retarder leurs investissements en attendant plus de clarté sur la politique commerciale américaine. Une augmentation des taxes américaines sur les exportations de l’Union européenne pourrait également avoir un impact négatif sur l’économie britannique en affaiblissant la croissance du continent et de l’Irlande.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de ralentissement de l’inflation au Royaume-Uni, qui s’établissait à 2,5 % en décembre sur un an, après un pic à environ 11 % fin 2022. Cependant, la BoE prévoit une légère remontée des prix cette année, notamment sous l’effet de la hausse des coûts de l’énergie et des cotisations patronales décidées par le gouvernement de Rachel Reeves.
Dans la foulée de cette annonce, la livre britannique a chuté de près de 1 % face au dollar. Les analystes jugent le discours de la BoE ambigu, oscillant entre prudence et ouverture à de nouvelles baisses de taux. Pendant ce temps, la Réserve fédérale américaine a choisi de marquer une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire, tandis que la Banque centrale européenne poursuit ses propres réductions de taux pour soutenir la croissance de la zone euro.