Janvier noir pour le Livret A : les épargnants retirent plus qu’ils ne déposent
Janvier noir pour le Livret A : les épargnants retirent plus qu’ils ne déposent

C’est un signal inédit depuis une décennie. En janvier 2026, le Livret A a enregistré une décollecte nette de 1,87 milliard d’euros, selon les données publiées par la Caisse des dépôts. Concrètement, les retraits ont dépassé les dépôts, un phénomène rare pour ce produit d’épargne emblématique.

Le mois de janvier est traditionnellement favorable au Livret A. Cette fois, il marque un retournement historique. La dernière décollecte sur un mois de janvier remonte à dix ans, et jamais à un niveau aussi élevé.

En toile de fond, la baisse annoncée du taux de rémunération, passé de 1,7 % à 1,5 % depuis le 1er février, a pesé sur les décisions des épargnants. Même si la réduction n’était pas encore effective en janvier, son officialisation a probablement incité certains détenteurs à arbitrer leurs placements.

Un produit star sous pression

Le Livret A reste pourtant le placement le plus répandu en France, avec 58 millions de détenteurs et près de 450 milliards d’euros d’encours. Sa popularité tient à sa simplicité, sa liquidité immédiate et son exonération d’impôt.

Mais la dynamique exceptionnelle observée depuis la crise sanitaire semble s’essouffler. Pendant la pandémie de Covid-19, l’incertitude économique avait dopé l’épargne de précaution. Les encours avaient fortement progressé, portés par une consommation contrainte et une volonté de sécuriser les finances personnelles. Aujourd’hui, le contexte a changé. L’inflation s’est modérée, d’autres produits retrouvent de l’attractivité et les ménages recherchent davantage de rendement.

L’assurance vie en embuscade

En 2025, l’assurance vie a enregistré des niveaux de collecte inédits depuis 2010. Ce produit bénéficie d’un regain d’intérêt, notamment grâce à des supports en unités de compte plus dynamiques et à des fonds en euros offrant des rendements en amélioration.

Face à un Livret A plafonné à 1,5 %, certains épargnants choisissent donc de transférer une partie de leur épargne vers des placements jugés plus rémunérateurs. Ce mouvement de balancier pourrait se poursuivre si l’écart de rendement se creuse. La décollecte de janvier ne remet pas en cause le rôle central du Livret A dans l’épargne des Français, mais elle traduit un changement d’arbitrage. Moins refuge automatique, plus outil de gestion de trésorerie, le Livret A semble entrer dans une phase plus concurrentielle après des années de collecte soutenue.

Partager