SEOGWIPO, Corée du Sud – Le ministre sud-coréen du Commerce, Ahn Duk-geun, a déclaré vendredi que le délai pour conclure un accord tarifaire avec les États-Unis d’ici à la date limite du 8 juillet était de plus en plus serré, en raison de l’instabilité politique qui secoue actuellement son pays. Cette déclaration survient alors que les deux alliés tentent de désamorcer les tensions commerciales provoquées par les récentes hausses de droits de douane américaines.
En marge de la réunion des ministres du Commerce du forum APEC, qui se tient sur l’île sud-coréenne de Jeju, Ahn a rencontré son homologue américain, Jamieson Greer. Les deux responsables ont convenu de poursuivre les consultations techniques la semaine prochaine et de tenir une nouvelle réunion ministérielle en juin. Mais les perspectives d’un accord rapide sont assombries par le contexte politique tendu en Corée du Sud.
Depuis l’imposition par le président Donald Trump de droits de douane de 25 % sur les importations sud-coréennes en avril, Séoul cherche activement une exemption. La Corée du Sud a été l’un des premiers pays à ouvrir des négociations bilatérales, dans la foulée du Japon. Toutefois, les bouleversements internes risquent de freiner ces discussions. La démission récente du Premier ministre Han Duck-soo, suivie de celle du ministre des Finances, a fragilisé le gouvernement. C’est désormais le ministre de l’Éducation qui assure l’intérim jusqu’à l’élection présidentielle prévue le 3 juin.
Le ministre Ahn a souligné que les États-Unis comprenaient bien la situation, tout en réitérant la demande de Séoul pour une dérogation tarifaire. Les discussions techniques devraient porter sur plusieurs dossiers sensibles, notamment l’équilibre commercial, les barrières non tarifaires, la coopération en matière d’investissement et la sécurité économique. Une question supplémentaire pourrait s’inviter à la table des négociations : la demande de Google de transférer à l’étranger des données cartographiques sud-coréennes.
L’ambition de Séoul est de montrer que sa coopération étroite avec Washington, notamment dans les domaines stratégiques comme la construction navale, justifie un traitement préférentiel. Mais les analystes, comme Jay Truesdale, ancien diplomate américain, estiment que les obstacles les plus significatifs pourraient venir du côté sud-coréen, compte tenu de la nécessité de consulter divers acteurs économiques et politiques à l’approche du scrutin.
La banque centrale de Corée du Sud a récemment alerté sur les risques pesant sur la croissance, prévoyant que les droits de douane américains pourraient compromettre les prévisions de 1,5 % pour cette année. Dans ce climat d’incertitude, chaque jour compte pour parvenir à un compromis qui écarterait les effets dévastateurs d’un conflit commercial prolongé entre deux alliés historiques.