La Ligue 1 est morte et enterrée. Depuis les choix stratégiques catastrophiques réalisés en optant pour Mediapro (2018) puis Amazon Prime et DAZN en urgence, la Ligue de Football Professionnel (LFP) envoie les clubs professionnels dans le mur. Si ce n’est pas déjà fait.
Alors que les présidents de clubs viennent de décider cette semaine de se séparer du diffuseur britannique avant même la fin du contrat à 400M€ par an, faute d’abonnés suffisants, donc de visibilité et d’équilibre économique possible, les droits TV restent en suspens. Et l’avenir économique de pas mal de clubs aussi.
Ce samedi, dans L’Equipe, une lueur d’espoir apparaît. Avec la prise de fonction prochaine à la tête de LFP Média de Nicolas de Tavernost, ex-patron d’M6 et désormais conseiller de Rodolphe Saadé (CMA Média), le patron de Canal+ Maxime Saada retrouve le sourire.
« On peut dialoguer avec lui et je le ferai«
Il y voit un acteur crédible pour rouvrir des discussions, lui qui est en froid total avec le président de la LFP Vincent Labrune. « Le mettre autour de la table comme interlocuteur, c’est un bon moyen de me faire revenir sur le sujet de la Ligue 1 », ose-t-il. De quoi faire plaisir à tout le monde du football français.
« On peut dialoguer avec lui et je le ferai« , sous-entendu, c’est impossible avec Vincent Labrune. « Mais je n’oublie en rien le préjudice qui nous a été causé lors du précédent contrat« .
Pour rappel, lorsque le désistement prévisible de MediaPro est arrivé, la LFP a négocié en urgence avec Amazon Prime le rachat de 7 affiches par journée pour 250 millions par saison. Or, Canal+ possédait toujours 2 matchs (seulement) pour 332M€. Une incohérence qui leur est logiquement resté en travers de la gorge. Et du compte en banque.
Vu la situation économique d’une majorité de clubs de Ligue 1 et la catastrophe des droits TV depuis 2018, Maxime Saada se sait désormais en grande position de force.
Dans L’Equipe, il explique avoir prévenu son ami Nicolas De Tavernost au moment de prendre le poste : « Je pense que la descente n’est pas terminée pour la Ligue 1, assure-toi, si tu prends le job, de ne pas être blâmé pour le reste de la descente« . Il ajoute : « Ça doit lui plaire, ce challenge : réussir là où il y a échec« .
Nicolas De Tavernost est aussi celui qui a vendu les Girondins de Bordeaux à Gérard Lopez, avec la suite que l’on connaît. Très à l’aise dans les hautes sphères, connu des grands patrons, la LFP n’a pour autant pas dégoté un homme d’affaires visionnaire ou capable de révolutionner la diffusion de la Ligue 1. Ce qui aurait pu être intéressant, voire vital.
Cela fait plusieurs années déjà que la Ligue aurait dû accompagner la L1 vers une plate-forme type « NBA League Pass », disponible partout, pour tous, gratuitement, en parallèle de droits TV classiques. Et ainsi faire grandir petit à petit une énorme force de frappe pour le futur.