Une figurine 3D à l’effigie de Gisèle Pelicot provoque l’écœurement
Une figurine 3D à l’effigie de Gisèle Pelicot provoque l’écœurement

L’indignation est unanime. Sur TikTok, un starter pack généré par intelligence artificielle, représentant Gisèle Pelicot sous forme de figurine 3D, a été diffusé pour faire la promotion d’un site de libertinage. Dans une mise en scène sordide, l’image montrait la militante féministe modélisée en pyjama, accompagnée d’objets directement liés aux viols qu’elle a subis : un lit, des médicaments, un appareil photo. La mention « Pré-commande ta Gisèle » a achevé de déclencher une vague de colère. Le contenu, relayé brièvement sur les réseaux sociaux avant d’être supprimé, a choqué jusque dans les milieux militants. « Envie de vomir », a résumé le compte Instagram « ovairestherainbow ». La plateforme a rapidement supprimé le compte de l’auteur et le contenu lui-même. Mais l’affaire a déjà eu le temps de faire le tour du web.

Un usage ignoble de l’intelligence artificielle

Gisèle Pelicot est devenue, à la suite d’un procès retentissant, le symbole d’un combat contre les violences sexuelles. Son ex-mari a été condamné en décembre à vingt ans de réclusion pour l’avoir droguée et livrée à des inconnus durant une décennie. Le recours à son image pour un montage à caractère sexuel, aussi cynique que glaçant, réactive ses traumatismes et insulte l’ensemble des victimes de violences sexuelles. La justice pourrait s’en mêler : en France, l’incitation à la haine ou à l’humiliation publique est passible d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende. Au-delà du scandale, cet épisode souligne une dérive croissante : la technologie permet désormais de banaliser l’horreur, d’habiller le mépris d’un vernis ludique. Reste à savoir si la viralité peut encore être freinée par le droit.

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