Mort d’une fillette en détention : des ONG portent plainte contre les autorités américaines
Mort d’une fillette en détention : des ONG portent plainte contre les autorités américaines

Deux ans après la mort tragique d’Anadith Danay Reyes Alvarez, une fillette de 8 ans décédée alors qu’elle se trouvait en détention aux États-Unis, des organisations de défense des droits civiques ont déposé une plainte au nom de sa famille. Elles accusent les autorités d’avoir ignoré les appels répétés à l’aide de sa mère et d’avoir privé l’enfant des soins médicaux urgents dont elle avait besoin.

La plainte, déposée jeudi par le Texas Civil Rights Project et Haitian Bridge Alliance, réclame 15 millions de dollars de dommages et intérêts. L’affaire survient alors que la politique migratoire menée sous l’administration Trump est de nouveau sous le feu des critiques pour son traitement des migrants, en particulier des enfants.

Anadith, qui souffrait de problèmes cardiaques chroniques et de drépanocytose, est morte le 17 mai 2023 à Harlingen, au Texas, neuf jours après que sa famille s’était rendue aux agents de la Patrouille frontalière américaine après avoir traversé le Rio Grande depuis le Mexique. Selon des rapports officiels et les témoignages de ses proches, les médecins présents dans le centre de détention ont refusé d’appeler une ambulance, malgré l’insistance de la mère de la fillette.

« Le refus de la Patrouille frontalière de fournir à Anadith les soins médicaux nécessaires était cruel et inhumain », a dénoncé Rochelle Garza, présidente du Texas Civil Rights Project. Une enquête interne a confirmé que le personnel médical avait été informé des antécédents médicaux graves de l’enfant, mais n’avait pas pris la peine de consulter son dossier. Les jours précédant sa mort, la fillette présentait des symptômes inquiétants : forte fièvre, grippe, nausées, difficultés respiratoires.

Diagnostiquée positive à la grippe le 14 mai dans un centre temporaire à Donna, elle avait ensuite été transférée avec sa famille à Harlingen. Selon le rapport de la Customs and Border Protection (CBP), les équipes médicales ont rencontré la mère à plusieurs reprises sans jamais ordonner une hospitalisation. Le chef des services médicaux de la Patrouille frontalière a été relevé de ses fonctions à la suite du drame.

Un rapport du Congrès publié en janvier 2025 a conclu que cette tragédie n’était « pas une anomalie », mais révélatrice de « nombreuses défaillances » dans les soins prodigués aux personnes détenues par la CBP. Il a dénoncé la détention prolongée d’enfants au-delà de la limite de 72 heures, un personnel médical insuffisant, et des conditions de soins globalement défaillantes.

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