La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a annoncé mardi qu’elle avait chargé ses services d’élaborer des propositions de sanctions visant les responsables présumés de violations des droits de l’homme au Soudan, théâtre d’un conflit sanglant depuis 2023. Devant les parlementaires, Cooper a souligné l’urgence d’une mobilisation internationale accrue en faveur d’un cessez-le-feu et de la justice pour les victimes.
Le Soudan, déchiré depuis plus de deux ans par une guerre opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR), voit sa situation humanitaire se dégrader jour après jour. La récente prise de la ville d’al-Fashir par les FSR a ravivé les craintes de massacres ciblés contre les civils. Selon Cooper, ces inquiétudes doivent pousser la communauté internationale à ne plus détourner le regard.
« J’ai donné instruction à mes collaborateurs de présenter d’éventuelles sanctions relatives aux violations et aux atteintes aux droits de l’homme au Soudan », a déclaré la ministre, pointant la nécessité de garantir l’accès des équipes d’enquête aux zones de conflit afin d’identifier les auteurs des exactions et d’assurer leur comparution devant la justice.
Le conflit soudanais, qui a débuté en avril 2023, résulte d’une lutte de pouvoir entre le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée, et Mohamed Hamdan Dagalo, alias « Hemedti », leader des FSR. Les combats ont dévasté plusieurs villes, provoqué des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de six millions de personnes selon l’ONU.
La Grande-Bretagne avait déjà imposé, en 2024, des sanctions ciblées contre trois entreprises soudanaises – Alkhaleej Bank, Al-Fakher Advanced Works et Red Rock Mining – accusées d’alimenter financièrement les groupes armés. Le discours de Cooper ouvre désormais la voie à un élargissement de ces mesures, possiblement à des individus et des responsables politiques.
Yvette Cooper a insisté sur le fait que le Royaume-Uni devait « faire sa part » pour faire cesser l’impunité au Soudan, pays qu’elle estime avoir été trop longtemps négligé par les chancelleries occidentales. Son intervention s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes sur les puissances internationales afin qu’elles agissent face aux crimes de guerre présumés commis sur le terrain, notamment l’usage intensif de drones contre des cibles civiles.
Alors que les efforts diplomatiques piétinent et que les violations se multiplient, la décision britannique pourrait marquer un tournant dans l’approche occidentale du conflit soudanais, à condition que ces sanctions soient suivies d’un véritable soutien aux mécanismes d’enquête et de justice internationale.