Le Pakistan a amorcé l’expulsion de réfugiés afghans en situation régulière, bien avant la date limite du 1er septembre fixée pour leur départ, selon un communiqué alarmant publié mercredi par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Cette initiative controversée pourrait concerner plus d’un million d’Afghans installés de longue date dans le pays, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.
D’après le HCR, des centaines d’Afghans légalement enregistrés ont déjà été arrêtés et renvoyés de force vers l’Afghanistan entre le 1er et le 4 août. Ces expulsions anticipées constituent, selon l’agence onusienne, une violation claire des engagements internationaux du Pakistan, notamment en matière de protection des réfugiés. Le porte-parole du HCR, Qaisar Khan Afridi, a affirmé à Reuters que le retour forcé de ces personnes contrevenait aux normes du droit humanitaire.
Dans un communiqué, le HCR a appelé Islamabad à mettre un terme immédiat aux retours forcés et à privilégier une approche plus humaine, fondée sur un retour volontaire, progressif et dans la dignité. L’agence souligne que de nombreux réfugiés concernés ont vécu au Pakistan pendant des années, certains depuis plusieurs décennies, et que leur expulsion soudaine pourrait mettre leur sécurité en péril dans un Afghanistan toujours instable.
Le gouvernement pakistanais, par l’intermédiaire d’un arrêté du ministère de l’Intérieur consulté par Reuters, a annoncé que le processus de retour volontaire des réfugiés en situation régulière débutait « immédiatement », avant le lancement officiel des procédures d’expulsion en septembre. Toutefois, aucune réponse officielle n’a été apportée aux sollicitations de Reuters concernant les renvois anticipés déjà constatés.
Depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan en 2021, le Pakistan accueille un nombre croissant de réfugiés, dont beaucoup ont fui les représailles ou la pauvreté extrême. Le pays héberge actuellement l’une des plus importantes populations afghanes réfugiées au monde, une situation devenue de plus en plus tendue au fil des crises économiques et politiques internes.
Alors que la pression monte sur les autorités pakistanaises, les défenseurs des droits humains s’alarment du sort de dizaines de milliers de familles afghanes menacées d’un retour précipité dans un pays en proie à des violences, à l’exclusion des femmes, et à une instabilité chronique. La poursuite de ces expulsions pourrait mettre à rude épreuve les relations d’Islamabad avec les organismes humanitaires et compromettre davantage sa position sur la scène internationale.