Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) prévoit de réduire ses dépenses d’environ 20 % l’an prochain, en raison de fortes contraintes budgétaires, selon un document publié lundi à Genève. Cette décision intervient alors même que les conflits, notamment la guerre au Soudan, continuent de provoquer une hausse du nombre de personnes déplacées dans le monde.
Le budget de l’agence sera ramené à 8,5 milliards de dollars en 2026, contre 10,2 milliards en 2025. Pour y parvenir, le HCR prévoit de fermer son bureau régional en Afrique australe et de supprimer près de 4 000 postes, une coupe qui devrait affecter aussi bien le personnel sur le terrain que les fonctions administratives.
Ces réductions inquiètent les organisations humanitaires, car elles risquent de limiter la capacité du HCR à répondre à des crises en pleine expansion. L’agence est en première ligne dans l’assistance aux millions de réfugiés, demandeurs d’asile et déplacés internes dans le monde. La guerre au Soudan, à elle seule, a provoqué le déplacement de millions de civils depuis 2023, venant s’ajouter à des crises prolongées en Syrie, en Afghanistan, au Myanmar ou encore en Ukraine.
Le HCR dépend essentiellement des contributions volontaires des États membres et d’autres bailleurs de fonds. Or, ces financements stagnent ou diminuent, alors que les besoins humanitaires atteignent des niveaux records. La direction de l’agence a averti que les coupes budgétaires auraient un impact direct sur les services essentiels fournis aux populations vulnérables, notamment l’hébergement, la santé et l’éducation.
Ce resserrement budgétaire illustre les difficultés croissantes des Nations Unies à mobiliser des ressources dans un contexte international marqué par de multiples crises simultanées. Pour des millions de réfugiés, cette contraction des moyens risque d’accentuer encore leur précarité et de compliquer les efforts de protection et de réinstallation.