NAIROBI – La police kenyane a arrêté samedi Boniface Mwangi, figure de proue des droits de l’homme dans le pays, pour son rôle présumé dans les manifestations antigouvernementales meurtrières survenues le mois dernier. L’homme sera présenté devant la justice lundi, selon un communiqué publié dimanche par la Direction des enquêtes criminelles (DCI).
Les autorités accusent Mwangi d’avoir facilité des « actes terroristes », sans toutefois détailler les charges précises. Lors de son arrestation à son domicile du comté de Machakos, la police affirme avoir saisi deux cartouches de gaz lacrymogène non utilisées, une balle à blanc de calibre 7,62 mm et deux téléphones portables.
Boniface Mwangi, photographe de guerre devenu militant social, est connu pour son engagement contre la corruption, les brutalités policières et l’impunité politique. Il a souvent participé à des rassemblements de la société civile et à des campagnes de sensibilisation sur les inégalités au Kenya. Sa détention a immédiatement suscité des réactions de la part de groupes de défense des droits humains, qui dénoncent une tentative d’intimidation.
Les manifestations du mois dernier, organisées contre le projet de budget du gouvernement prévoyant une hausse des taxes, ont dégénéré en affrontements sanglants. Plus de 20 personnes ont trouvé la mort selon des ONG locales, et des centaines d’autres ont été blessées. Le gouvernement a depuis abandonné certaines mesures fiscales controversées, mais continue de réprimer les voix dissidentes.
Mwangi a nié à plusieurs reprises tout lien avec des activités violentes. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux peu avant son arrestation, il déclarait : « Je défendrai toujours la vérité et la justice, même si cela doit me coûter ma liberté. » Ses avocats ont dénoncé une détention arbitraire et exigé son transfert immédiat devant un tribunal compétent.
Cette arrestation intervient dans un climat politique tendu, marqué par une contestation croissante de la présidence de William Ruto, accusée de s’en prendre aux libertés fondamentales. Les organisations internationales suivent de près l’évolution de la situation et appellent à une enquête transparente et impartiale.