La communauté LGBT sud-coréenne s’est rassemblée samedi dans les rues de Séoul pour participer au 26e Festival de la culture queer, un événement marquant cette année d’un nouvel espoir après l’élection récente du président libéral Lee Jae-myung. Le festival s’est tenu dans une atmosphère de chaleur estivale et d’enthousiasme, bien qu’il ait également été accompagné de manifestations d’opposition de la part de groupes conservateurs.
Malgré l’absence de lois contre les discriminations et de reconnaissance légale des unions LGBTQ+, les participants ont défilé fièrement dans la capitale, brandissant des drapeaux arc-en-ciel et visitant les stands tenus par des organisations communautaires, des ambassades et des associations étudiantes. Les organisateurs ont affirmé que près de 30 000 personnes étaient présentes, tandis que la police en a compté environ 7 000.
Le slogan choisi cette année, « Nous ne nous arrêtons jamais », résonne comme une déclaration de résistance après une période politique jugée hostile envers les minorités sexuelles. « Sous la dernière administration, la haine envers les personnes LGBTQ+ est devenue très forte, avec des politiques gouvernementales qui nous ont ignorés », a déclaré Hwang Chae-yoo, responsable de l’organisation du festival. Il a souligné que cette mobilisation visait à défendre les droits humains et la dignité de la communauté.
L’événement s’est déroulé sans incidents, bien qu’à quelques centaines de mètres de là, des manifestants conservateurs ont exprimé leur opposition au festival. Portant des pancartes aux slogans explicites tels que « Stop à l’homosexualité », ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux valeurs familiales traditionnelles.
L’élection du président Lee Jae-myung, qui n’a pas encore formulé de position claire sur les droits LGBT, a néanmoins ravivé l’espoir chez de nombreux militants. Ils y voient une possible ouverture vers des avancées juridiques et sociales, dans un pays où l’acceptation demeure limitée. « Les gens savent qu’on existe, mais ils nous disent de ne pas nous montrer », a confié Hong Il-pyo, un participant de 44 ans en tenue de drag queen. « J’aimerais qu’on passe à : ‘vous existez, alors vivons bien ensemble’. »
Si la société sud-coréenne reste profondément divisée sur ces questions, l’affluence au festival et la visibilité croissante de ses participants illustrent un changement lent mais tangible dans les mentalités.