Le 12 septembre dernier, Isabelle Nanty a été victime d’un très grave accident de la route. Après quatre mois d’hospitalisation, l’actrice a choisi de s’exprimer hier pour la première fois et de livrer un témoignage exclusif à Marc-Olivier Fogiel sur RTL. Encore marquée physiquement et contrainte de porter une minerve, elle est revenue sur la nuit du drame, les lourdes séquelles évitées de justesse et la lente reconstruction qui a suivi.
Hospitalisée de longues semaines, elle explique avoir frôlé la tétraplégie et la mort. Cette épreuve a transformé son rapport au temps, au travail et à ses priorités personnelles. L’actrice évoque aussi bien les conséquences médicales que le cheminement intérieur provoqué par l’accident, ainsi que sa manière d’envisager la suite de sa carrière et de sa vie privée.
Une convalescence toujours en cours
Isabelle Nanty a donné des nouvelles précises de son état de santé, décrivant un quotidien encore rythmé par les soins et la rééducation : « Ce matin, ça va bien. Je dors chez moi depuis 10 jours et je vais à l’hôpital pour faire les soins : rééducation, on me retire ce corset, je commence à bouger la tête, je fais de la neuropsy pour réapprendre à me concentrer, un suivi psychologique. »
Au fil de son hospitalisation, elle insiste sur l’importance du collectif et des liens créés dans un contexte difficile : « Les co-patients m’ont autant aidée que les soignants. »
« Je me suis dit ‘c’est à ce moment-là que je vais mourir. »
L’actrice est revenue avec précision sur le déroulé de l’accident, dont les circonstances exactes restent couvertes par le secret de l’enquête. Elle décrit une scène brutale, marquée par la violence du choc et une forme de détachement face au danger immédiat : « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je n’ai eu de retours de ce que l’enquête a comme conclusions parce que c’est secret. Dans mon souvenir, tout d’un coup, ça fait boum boum, blam blam, des tonneaux, des éclats de verre, une sidération. Je n’ai jamais perdu connaissance donc je me souviens très bien de ce que je me suis dit : ‘Oh, c’est con’. »
Elle explique également ne pas avoir ressenti de douleur ni de panique au moment critique : « Je n’ai ni eu peur, ni mal. Je me suis dit ‘c’est à ce moment-là que je vais mourir’ et puis, ‘ah bah non’. »
Une blessure cervicale aux conséquences potentiellement irréversibles
Transportée à l’hôpital militaire Percy, Isabelle Nanty apprend la gravité de sa blessure. Les examens révèlent une fracture particulièrement dangereuse au niveau des cervicales : « La cervicale numéro 2, normalement, c’est la mort ou la tétraplégie. »
Des éléments liés au chauffeur du VTC impliqué dans l’accident ont également été évoqués : son permis était « invalide » depuis 2018 et le véhicule n’était pas assuré. Malgré cela, Isabelle Nanty refuse toute logique de confrontation : « J’ai rencontré des gens tellement géniaux que je serais indigne de me mettre dans un combat qui est indigne de ces gens que j’ai rencontrés. Les gens se battent avec ce qu’ils peuvent dans leur vie pour travailler. Il n’a pas voulu me mettre dans cet état. »
Une remise en question profonde
Au-delà de l’aspect médical, l’actrice parle d’un arrêt forcé qui l’a amenée à réfléchir à son rythme de vie et à son rapport au travail : « Je suis très reconnaissante des soignants de m’avoir dorlotée et obligée à arrêter (…) J’étais depuis deux ans dans une suractivité. Je ne disais jamais non, je faisais tout ce qui était à faire. Et en fait, à un moment, on vous invite à y réfléchir. »
Sur le plan professionnel, elle souhaite reprendre progressivement, avec prudence : « Je suis obligée de terminer la série que j’avais commencée. Je le ferai avec les capacités que j’aurai. Mais pour le moment, le minimum, ce serait quand même de pouvoir tourner la tête. »
Une envie simple : vivre et profiter
Malgré la violence de l’épreuve, Isabelle Nanty exprime un désir clair de revenir à l’essentiel, entre proches et moments simples : « Une chose est sûre, j’ai envie de rire, j’ai envie de voir mes amis, j’ai envie d’être avec ma fille, j’ai envie de vivre et de trouver une bonne plage où je pourrais aller faire un bon bain de mer. C’est mon premier truc que je ferai quand je pourrais. »