Avec Zion, le jeune réalisateur guadeloupéen Nelson Foix signe un premier long-métrage coup de poing, loin des clichés de carte postale souvent accolés à son île. Produit par Jamel Debbouze, ce thriller social suit Chris, un petit dealer désœuvré qui découvre un bébé abandonné devant sa porte. Alors qu’il s’apprête à effectuer une livraison risquée, ce nourrisson inattendu bouleverse sa trajectoire.
Le quotidien des jeunes de Pointe-à-Pitre en image
Tourné en créole et porté par une distribution locale issue de castings sauvages, Zion plonge dans une réalité âpre, où se croisent chômage, violence, et quotidien des jeunes des quartiers de Pointe-à-Pitre. Loin d’un décor de vacances, la Guadeloupe devient le théâtre d’un huis clos urbain tendu, porté par une mise en scène nerveuse et un sens du rythme impressionnant.
Depuis sa sortie régionale mi-mars, Zion cartonne aux Antilles : près de 66 000 entrées en deux semaines dans seulement sept salles, un succès qui souligne un vrai besoin de représentation locale. Le film sort dans l’Hexagone le 9 avril, précédé d’un bouche-à-oreille enthousiaste.
Après son court-métrage remarqué Ti moun aw, Nelson Foix confirme ici un regard singulier, authentique et profondément ancré dans son territoire. Mais les thèmes abordés – paternité, marginalisation, survie – résonnent bien au-delà. Avec Zion, le cinéma antillais gagne en force, en ambition, et surtout, en visibilité.