Alors que Boualem Sansal est emprisonné depuis plus de six mois, l’écrivain Yasmina Khadra a personnellement interpellé le chef de l’État algérien pour plaider en faveur de sa libération, invoquant l’état de santé préoccupant du romancier.
Un geste humanitaire espéré
Lors d’un entretien récent avec Abdelmadjid Tebboune à Alger, Yasmina Khadra a profité de l’occasion pour aborder la situation de Boualem Sansal. Condamné le 27 mars à cinq ans de prison pour des propos tenus dans une interview à Frontières, un média français d’extrême droite, l’écrivain franco-algérien est actuellement détenu depuis 200 jours. Il doit comparaître en appel le 24 juin.
Dans un échange avec l’AFP, Yasmina Khadra a expliqué avoir évoqué le sort de son confrère « avec insistance » : « Tout ce que je voulais, c’était essayer de le solliciter pour que Boualem puisse retrouver la liberté le plus rapidement possible. » Il a souligné l’écoute attentive du président tout en rappelant que Sansal souffre d’un cancer : « Il ne faut jamais l’oublier. »
Une affaire au croisement du judiciaire et du diplomatique
Boualem Sansal est poursuivi pour avoir affirmé en octobre 2024 que certains territoires algériens auraient historiquement appartenu au Maroc avant la colonisation française. Ces déclarations ont été perçues comme une atteinte à l’unité nationale, un délit passible de lourdes sanctions en Algérie.
L’affaire a provoqué des tensions diplomatiques entre Alger et Paris. Tandis que les autorités algériennes affirment que la procédure judiciaire suit son cours habituel, la France appelle à « un geste d’humanité », en raison de l’état de santé dégradé de l’écrivain. Cette affaire intervient dans un climat d’attention accrue autour des relations entre les deux pays, alors que le président Tebboune a récemment multiplié les rencontres avec des personnalités publiques, comme le PDG de CMA CGM Rodolphe Saadé ou encore le musicien DJ Snake, lui aussi franco-algérien.