IMG_0392
IMG_0392

C’est un cambriolage aussi minutieux qu’inattendu qui a frappé le musée des oiseaux de Trignac (Loire-Atlantique) mi-février. Plus de 300 spécimens naturalisés ont été volés sans qu’aucune trace de bris ni de désordre ne soit constatée sur place. Une précision qui intrigue, d’autant plus que cette collection n’avait aucune valeur marchande connue, selon Claude Aufort, maire de la commune, cité par Ici Loire Océan. “C’est du travail de pro et c’est d’autant plus étonnant”, a-t-il déclaré, soulignant que ces oiseaux, pour la plupart conservés depuis plus de 50 ans, avaient avant tout une valeur patrimoniale et affective pour la ville.

La collection, fondée dans les années 1960 par Jo Patron, un prêtre ouvrier passionné de taxidermie, comptait des espèces variées, des oiseaux communs comme le merle, aux plus rares comme le butor étoilé. Ces spécimens avaient été soigneusement fichés, pesés et classés dans le cadre d’un inventaire réalisé en 2023 en collaboration avec le Muséum d’histoire naturelle de Nantes et le Parc naturel de Brière. Cette base de données pourrait être un atout pour l’enquête, la mairie espérant que toute tentative de revente en ligne permette aux gendarmes de remonter la trace des voleurs.

Si l’identité des malfaiteurs reste inconnue, plusieurs hypothèses sont envisagées. Pour Claude Aufort, ce vol pourrait être l’œuvre de collectionneurs privés, voire d’un trafic international d’objets naturalisés. Ce type de cambriolage reste rare, mais il n’est pas inédit : des musées européens ont déjà été visés par des vols similaires, certaines pièces retrouvant parfois preneur sur le marché noir des collectionneurs de taxidermie. En attendant, la municipalité et les bénévoles du musée espèrent récupérer au plus vite cet héritage local, témoin d’une époque et d’une passion unique pour la faune.

Partager