Violences dans la culture : l’Assemblée dévoile 90 mesures pour protéger les artistes, surtout les mineurs
Cinéma

À la suite du témoignage choc de Judith Godrèche et six mois d’auditions, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les violences sexuelles dans le monde du spectacle vivant et du cinéma a présenté ce mardi 8 avril 2025 près de 90 préconisations pour enrayer ce qu’elle qualifie de système « endémique et persistant ». Le rapport, consulté par l’AFP, vise une refonte des pratiques à travers une série de mesures ambitieuses, notamment pour encadrer les castings, renforcer la protection des enfants et instaurer des garde-fous autour des scènes d’intimité.

Encadrement renforcé pour les mineurs et fin des castings à risques

Parmi les propositions phares : interdire les castings sauvages, proscrire les auditions dans des lieux privés, et exiger la présence de deux encadrants dans des locaux professionnels. L’objectif est de mettre fin à des abus trop souvent signalés dans les témoignages d’acteurs et actrices. Le rapport recommande également d’interdire aux comédiens de se dénuder ou de jouer des scènes sexuelles en casting, sauf si un coordinateur d’intimité est présent. Pour les mineurs, la protection est renforcée : consultation obligatoire d’un psychologue spécialisé dès 7 ans, présence continue d’un représentant légal et extension des droits d’accompagnement jusqu’à 18 ans (au lieu de 16 actuellement).

Lutte contre la sexualisation et droit de regard sur les scènes intimes

Autre mesure choc : interdire la sexualisation des mineurs à l’écran et en photographie, avec des exceptions très limitées. Le rapport vise explicitement certaines pratiques historiques du milieu artistique et des marques de mode, comme la campagne controversée de Balenciaga ou les images de David Hamilton. Les scènes d’amour, elles, devront être systématiquement encadrées par un professionnel spécialisé si un mineur est impliqué, et soumises à l’accord des acteurs adultes quant à leur montage. Les députés veulent également encadrer davantage le métier d’agent artistique et imposer la déclaration obligatoire de tous les castings auprès des autorités.

Comme le souligne la présidente de la commission Sandrine Rousseau, ces propositions n’épuisent pas le sujet mais posent un cadre concret pour sortir de « l’exception culturelle à tout prix » et rompre enfin avec « la loi du silence » dans le monde de la culture.

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