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La saga du Salvator Mundi, tableau attribué à Léonard de Vinci et devenu l’œuvre d’art la plus chère jamais vendue, prend vie sous une nouvelle forme : la bande dessinée. Après un documentaire retentissant en 2021, le journaliste Antoine Vitkine s’associe à Sébastien Borgeaud, spécialiste de la finance et des affaires internationales, pour raconter cette incroyable histoire en BD. Illustrée par Éric Liberge, cette adaptation plonge le lecteur dans les méandres du marché de l’art, entre spéculations, restaurations controversées et tractations politiques de haut vol.

Acheté pour 1 175 dollars en 2005 à La Nouvelle-Orléans, le Salvator Mundi a vu sa cote grimper de manière vertigineuse jusqu’à atteindre 450 millions de dollars lors d’une vente chez Christie’s en 2017. Acquis par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le tableau suscite encore aujourd’hui des doutes quant à son authenticité. Les auteurs de la BD retracent cette ascension fulgurante, mettant en lumière les rouages opaques des ventes aux enchères, la restauration contestée du tableau et les batailles d’experts qui divisent la communauté artistique.

Le style graphique d’Éric Liberge, avec ses couleurs sobres oscillant entre sépia et bleu, renforce l’atmosphère de mystère entourant cette œuvre. Le découpage précis et immersif de la bande dessinée transforme cette enquête en un véritable thriller, où chaque page dévoile une nouvelle manipulation ou un nouvel acteur influent du marché de l’art. Entre passion pour le chef-d’œuvre et jeu de pouvoir, le Salvator Mundi devient un symbole de la financiarisation de l’art et de la manière dont certaines pièces historiques deviennent des objets de spéculation.

Avec Salvator Mundi, la folle histoire du tableau le plus cher du monde, Futuropolis signe une bande dessinée captivante et édifiante sur l’univers des enchères et les liens étroits entre l’art, le luxe et la politique. Un récit haletant qui pose une question essentielle : dans un marché où la valeur d’un tableau dépasse souvent son essence artistique, l’authenticité compte-t-elle encore vraiment ?

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