Robert De Niro honoré à Cannes : une légende du cinéma récompensée pour l’ensemble de sa carrière
Robert de Niro

Quatorze ans après avoir présidé le jury, Robert De Niro fera son grand retour sur la Croisette le 13 mai 2025 pour recevoir une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture du 78e Festival de Cannes. Une distinction rare qui vient saluer plus de cinquante ans d’une carrière marquée par des rôles devenus cultes, un engagement artistique constant, et une influence considérable sur le cinéma mondial.

Une icône du 7e art au parcours hors normes

Né en 1943 à New York dans une famille d’artistes, Robert De Niro fait ses débuts sur grand écran dans les années 1960, rapidement repéré par Brian De Palma, avec lequel il tourne Greetings ou Hi, Mom! Mais c’est surtout sa rencontre avec Martin Scorsese en 1973 sur Mean Streets qui va marquer le début d’une collaboration mythique. Ensemble, ils dessineront une nouvelle carte du cinéma américain, nourrie de réalisme urbain, de violence latente et de figures marginales.

L’année suivante, De Niro incarne le jeune Vito Corleone dans Le Parrain, 2e partie de Francis Ford Coppola. Son interprétation lui vaut l’Oscar du meilleur second rôle en 1975 et confirme son statut de comédien d’exception. Cannes s’incline devant son talent en 1976, en couronnant Taxi Driver de Scorsese. De Niro y incarne un chauffeur de taxi torturé par sa solitude, livrant une performance saisissante. Pour se préparer au rôle, il passe sa licence de taxi et improvise la désormais célèbre scène du miroir.

Sa capacité à se transformer physiquement pour un rôle devient légendaire : il apprend le saxophone pour New York, New York, prend 30 kilos pour Raging Bull, boxe, interroge ses fans pour La Valse des pantins. Cannes suit ses métamorphoses : il y présente Il était une fois en Amérique de Sergio Leone en 1984, Mission de Roland Joffé en 1986 – deux films en sélection officielle.

Un acteur complet entre engagements, humour et transmission

Dans les années 1990, De Niro surprend en multipliant les incursions dans la comédie, de Mafia Blues à Mon beau-père et moi, tout en continuant à tourner avec Scorsese (Les Affranchis, Casino, Les Nerfs à vif). Il passe aussi derrière la caméra avec Il était une fois le Bronx (1993) et Raisons d’État (2006), s’interrogeant sur les racines sociales de la violence ou les rouages du pouvoir politique.

Loin de se reposer sur ses lauriers, il reste une figure active du cinéma, prêtant sa voix à des films d’animation (Gang de requins), apparaissant dans des séries comme 30 Rock, ou dans des rôles plus discrets mais touchants (Happiness Therapy, Joy). En parallèle, il cofonde en 2002 le TriBeCa Film Festival pour revitaliser un quartier new-yorkais meurtri après le 11-Septembre.

S’il est devenu une icône, De Niro reste un acteur engagé, qui n’a jamais cessé d’interroger la société américaine à travers ses choix de rôles. En témoignent encore récemment sa participation à Joker (2019) ou Killers of the Flower Moon de Scorsese, présenté à Cannes en 2023.

Le 14 mai, au lendemain de la cérémonie d’ouverture, il donnera une masterclass à la salle Debussy, un rendez-vous très attendu des festivaliers. À 81 ans, Robert De Niro prouve une fois encore qu’il incarne à lui seul toute la complexité, la puissance et l’humanité du cinéma.

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