Quelques jours après sa mort à l’âge de 88 ans, les confidences posthumes de Nicole Croisille, révélées dans Elle, dévoilent une décision intime et assumée : celle de recourir à l’euthanasie en Belgique. L’artiste, atteinte d’un cancer du foie en phase terminale, avait programmé son “grand départ”, comme elle l’écrivait dans son agenda.
Une décision réfléchie, entre lucidité et volonté de dignité
Dans une interview exclusive accordée au magazine Elle avant sa mort – et publiée avec son accord après son décès –, la chanteuse explique avoir choisi l’aide médicale à mourir en Belgique, un pays où cette pratique est légale et encadrée. « Je ne veux pas devenir dépendante, encore moins être un poids », confie-t-elle, soulignant que la compassion et la dignité doivent être possibles à tout âge. Atteinte d’un cancer du foie récidivant, ayant subi plusieurs traitements agressifs et sans perspective de guérison, elle affirme avoir pris sa décision après une rechute qui l’a profondément affaiblie : « Ça suffit. Pourquoi continuer à souffrir ? ».
Prévue initialement au CHR de Namur, la procédure n’a pas pu se tenir comme prévu. L’état de Nicole Croisille s’est brutalement détérioré, la forçant à être hospitalisée en urgence à Paris le 1er juin, où elle est décédée dans la nuit du 3 au 4 juin. Selon Elle, elle avait insisté pour que l’interview ne soit publiée qu’après sa mort, afin de protéger les soignants belges qui l’accompagnaient dans ce processus.
Une prise de position qui résonne dans le débat français sur la fin de vie
L’artiste confie dans cet entretien avoir réfléchi depuis longtemps à l’idée du suicide assisté, mais que seul le cadre légal belge rendait cela envisageable pour elle. « En France, ça n’était envisageable que si un médecin s’engageait à m’aider en secret », déplore-t-elle. C’est sur les conseils de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) qu’elle avait pris contact avec l’équipe médicale belge, qu’elle qualifie de « gens extraordinaires ».
Cette démarche personnelle intervient alors que le débat sur la fin de vie progresse en France. Le 27 mai 2025, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture un texte reconnaissant un « droit à l’aide à mourir », qui permettrait à une personne gravement malade de recevoir une substance létale ou, si elle en est incapable, de la faire administrer par un tiers. Ce projet de loi doit être débattu au Sénat à l’automne.