Vingt ans après son prix de Flore pour Mammifères, Pierre Mérot remet le couvert avec Mammifères II, roman acide, drôle et mélancolique, où l’on retrouve son inoubliable personnage de « l’oncle ». Désabusé, vieillissant, mais toujours aussi lucide et caustique, il observe sa vie — et la société — avec un humour noir irrésistible.
L’oncle, version sexagénaire : moins féroce, mais tout aussi lucide
Dans ce nouveau volet, l’oncle a vieilli. Il enterre sa mère, assiste au déclin de son père, quitte l’« Inaltérable » pour une maîtresse toxique, découvre Tinder comme d’autres un zoo, et doit faire face au lent naufrage de son propre corps. Mais s’il a remisé ses colères les plus vives, il n’a rien perdu de sa verve. Sa plume, toujours aussi acérée, dresse un portrait sans pitié d’un homme confronté aux ruines de sa jeunesse, au vide affectif, à l’absurdité sociale et au deuil, mais aussi à l’amour, encore, malgré tout. Et surtout, à la comédie humaine.
Une satire tendre sur l’époque, l’amour et la fin de l’insouciance
Mammifères II est autant le roman de la vieillesse que celui de la tendresse retrouvée. L’oncle de Mérot, toujours vêtu d’ironie grinçante, laisse poindre par moments une humanité désarmante. On rit, souvent. On est ému, parfois. Et on savoure chaque digression, chaque note de bas de page, comme une respiration littéraire. Ce n’est pas seulement une suite : c’est une reprise à voix basse, un murmure complice entre un écrivain et ses lecteurs fidèles, une façon de dire que la vie, même bancale, vaut encore d’être racontée. Surtout quand c’est si bien écrit.