Les crises mondiales, de la guerre en Ukraine à l’incertitude politique aux États-Unis, ont entraîné une baisse de 33,5 % des revenus des ventes aux enchères d’art en 2024, atteignant 9,9 milliards de dollars, soit leur plus bas niveau depuis 2009, selon le rapport d’Artprice. À New York, les revenus ont chuté de 29 %, à Londres de 28 %, et à Hong Kong et Paris de 21 %.
Pourtant, le nombre de transactions a atteint un niveau record avec 800 000 ventes (+5 %), maintenant ainsi la liquidité du marché, selon Thierry Ehrmann, président d’Artprice. Le marché des œuvres d’art haut de gamme a cependant stagné, avec une baisse des ventes des œuvres de Picasso de moitié, ne totalisant que 223 millions de dollars.
En revanche, la demande pour les œuvres à prix abordable a augmenté, avec plus de la moitié des ventes réalisées à moins de 600 dollars. Les enchères en ligne ont également attiré un public plus jeune (âge moyen de 39 ans contre 63 ans en 1995) et un intérêt accru pour l’art numérique et l’intelligence artificielle. Ainsi, un tableau créé par le robot « Ai-Da » a été vendu pour près de 1 million de dollars, soit dix fois son estimation initiale.
Au niveau mondial, la Chine a connu un effondrement des ventes (-63 %), tombant à 1,8 milliard de dollars, tandis que les États-Unis ont dominé le marché avec 3,8 milliards de dollars. Paris s’est hissée à la quatrième place mondiale avec 648 millions de dollars. L’œuvre phare de l’année a été « L’Empire des Lumières » de René Magritte, vendue pour 121 millions de dollars, dépassant les prix des œuvres de Picasso.
Enfin, Yayoi Kusama s’est distinguée en devenant la première femme à figurer dans le top 10 mondial, avec 158 millions de dollars de ventes, dans un contexte de forte augmentation (+48,5 %) de la représentation des femmes artistes parmi les nouveaux entrants sur le marché.