Dans un cinéma d’art et d’essai de Vienne, en Autriche, une expérience originale attire de plus en plus d’adeptes : regarder un film tout en tricotant. Depuis décembre, le Votiv Kino organise une fois par mois des soirées “ciné-maille”, où près de 200 spectateurs viennent, pelote de laine et aiguilles en main, pour visionner des classiques du cinéma. Selon Luisa Palmer, initiatrice de ces soirées, cette pratique répond à un besoin de se retrouver après la solitude du confinement. “Beaucoup ont appris à tricoter seuls chez eux, maintenant ils veulent partager cette activité”, explique-t-elle à l’AFP.
Ce concept, déjà répandu aux États-Unis et en Scandinavie, prend de l’ampleur en Europe et notamment en France. Il s’inscrit dans une tendance plus large qui vise à diversifier l’expérience cinématographique pour concurrencer les plateformes de streaming. Comme le souligne Lisa Stolze, porte-parole du cinéma, ces séances permettent de “se reconnecter au réel” et d’échanger avec d’autres passionnés. Une lumière tamisée est laissée allumée durant la projection, afin que les spectateurs puissent suivre leur ouvrage sans difficulté.
Au-delà du simple plaisir de tricoter, cette initiative s’inscrit aussi dans une démarche plus engagée. “C’est gratifiant de créer quelque chose de ses propres mains plutôt que d’être absorbé par un écran toute la journée”, estime Judith Haslöwer, co-organisatrice de l’événement. Certains participants y voient également un moyen de lutter contre la fast fashion en favorisant une consommation plus responsable. Pour éviter toute distraction majeure, les films projetés sont souvent des comédies légères et familières, comme Le Diable s’habille en Prada, afin que les spectateurs puissent se concentrer autant sur leur tricot que sur l’histoire.
Avec des séances qui affichent complet à chaque édition, le “tricot-ciné” semble promis à un bel avenir. Une manière originale d’associer détente, créativité et convivialité, qui pourrait bien s’imposer comme une nouvelle habitude culturelle.