L’écrivain Franco-algérien Kamel Daoud, lauréat du prix Goncourt 2024 pour son roman Houris, fait face à une assignation en justice en France pour non-respect de la vie privée. L’Algérienne Saâda Arbane l’accuse d’avoir utilisé son histoire sans son consentement pour bâtir le récit de son livre. Une plainte avait déjà été déposée contre lui en Algérie.
Saâda Arbane affirme que Houris reprend des éléments précis de son vécu, notamment son agression par des jihadistes en 1999. « Il a juste changé les dates, le contexte, le prénom », a-t-elle déclaré à Mediapart, soulignant que son entourage l’avait immédiatement reconnue dans l’ouvrage.
De son côté, Kamel Daoud se défend en arguant que cette histoire était déjà publique et que son livre ne se limite pas à relater la vie de la plaignante. Selon lui, il s’agit d’un travail de fiction inspiré de faits de société et non d’un récit biographique.
Cette affaire soulève une nouvelle fois la question des frontières entre inspiration littéraire et atteinte à la vie privée. La jurisprudence en la matière reste nuancée, oscillant entre liberté artistique et droit au respect de l’intimité des individus. Kamel Daoudn’a pour l’instant pas réagi publiquement à cette assignation.