Joan Mitchell entre à la Tate Modern grâce à un don exceptionnel
Joan Mitchell

La Tate Modern de Londres accueille depuis le 3 avril une œuvre majeure de l’artiste américaine Joan Mitchell, grâce à une donation qualifiée d’« extraordinaire » par la directrice de l’institution, Maria Balshaw. Le triptyque Iva, peint en 1973, rejoint les collections permanentes du musée dans une salle voisine de celle consacrée à Mark Rothko.

Un chef-d’œuvre offert par le collectionneur Jorge M. Pérez

Offert par l’homme d’affaires américain Jorge M. Pérez, Iva s’impose par ses six mètres de long et son énergie picturale, typique de l’expressionnisme abstrait dont Joan Mitchell fut une figure phare. Ce geste généreux marque l’une des donations les plus importantes reçues par la Tate depuis le legs de Rothko en 1970, selon Maria Balshaw, citée par l’AFP. L’œuvre sera exposée aux côtés des Seagram Murals du maître américain, dans ce qui promet de devenir une salle emblématique du musée.

Joan Mitchell (1925-1992), longtemps restée dans l’ombre malgré la reconnaissance de ses pairs, connaît aujourd’hui un regain d’intérêt critique et commercial. En 2024, elle a été classée onzième artiste la plus cotée au monde par Artprice. Son record aux enchères, établi en 2023 à New York, s’élève à 29,2 millions de dollars pour une toile des années 1950. « Le temps que nous réalisions l’importance de son œuvre, ses tableaux étaient devenus inaccessibles pour un musée public comme le nôtre », a confié Maria Balshaw.

Un appui renforcé à l’art africain et latino-américain

La générosité du couple Jorge et Darlene Pérez ne s’arrête pas là. En plus de Iva, ils ont fait un important don financier destiné à soutenir les recherches de la Tate sur les arts africain et latino-américain. Plusieurs œuvres d’artistes africains issus de leur collection seront également intégrées aux collections du musée, notamment celles du photographe malien Malick Sidibé et de l’artiste anglo-nigérian Yinka Shonibare.

Fondateur d’un empire immobilier à Miami et collectionneur engagé, Jorge M. Pérez a déclaré au Guardian avoir voulu que cette œuvre trouve sa place en Europe, dans un musée capable de « raconter une autre histoire de l’art américain ». Grâce à ce don, Joan Mitchell trouve enfin une place de premier plan dans l’un des musées les plus visités au monde.

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