L’ancien agent et producteur Dominique Besnehard a été entendu ce jeudi 13 mars 2025 par la commission d’enquête sur les violences commises dans le milieu du cinéma, à l’Assemblée nationale. Connu pour son rôle central dans l’industrie cinématographique française, notamment en tant que cocréateur de la série Dix pour cent, il a profité de cette audition pour réitérer son soutien à Gérard Depardieu, mis en examen pour viols et agressions sexuelles. Face aux députés, il a mis en cause le témoignage de certaines actrices, suscitant de vives réactions au sein de la commission.
Au cours de son intervention, Besnehard a critiqué les actrices ayant accusé Harvey Weinstein et Gérard Depardieu, insinuant que certaines auraient pu chercher à profiter de leur position dans l’industrie. « J’ai vu des comédiennes dépasser les limites », a-t-il déclaré, pointant du doigt celles qui se rendaient dans les chambres d’hôtel de producteurs influents. À propos de Charlotte Arnould, qui accuse Gérard Depardieu de viol, il a remis en question la crédibilité de son témoignage en soulignant que « les cours de théâtre se font dans une école, pas au domicile d’un acteur ». Ses propos ont rapidement été contestés par Sandrine Rousseau, présidente de la commission, qui l’a rappelé à l’ordre sur la nécessité de protéger les victimes et de faire évoluer les mentalités dans le cinéma français.
Si Dominique Besnehard a reconnu que le mouvement #MeToo avait eu un impact positif en brisant le silence autour des abus dans le cinéma, il a aussi exprimé son agacement face à ce qu’il considère comme un excès de moralisation. Face aux critiques, il a haussé le ton, menaçant de quitter l’audition : « Si c’est mon procès, je me taille ! ». Finalement, il est resté et a écouté la réponse de Sandrine Rousseau, qui lui a lancé : « Soyez de ce temps-là, M. Besnehard, car le cinéma a aussi besoin de vous. » Une audition houleuse qui illustre les tensions persistantes autour des questions de violences sexuelles dans l’industrie du cinéma.