Milan a rendu ce week-end un hommage d’une intensité rare à Giorgio Armani, disparu jeudi à l’âge de 91 ans. Plus de 15 000 personnes se sont recueillies dans le théâtre Armani, habituellement réservé aux défilés, transformé en chapelle ardente pour saluer une figure qui a façonné l’identité visuelle de la mode italienne et marqué durablement sa ville d’adoption.
Le cercueil, recouvert de roses blanches et entouré de lanternes scintillantes, était veillé par des carabinieri en grand uniforme, tandis que les notes du compositeur Ludovico Einaudi emplissaient la salle. Les plus grands noms de la mode, du sport et de la politique se sont déplacés : Donatella Versace et son frère Santo, les designers Dean et Dan Caten, l’ex-footballeur Paolo Maldini, la championne Federica Pellegrini, mais aussi deux anciens chefs de gouvernement, Mario Monti et Matteo Renzi.
Un hommage au “grand Milan”
Le maire de la ville, Giuseppe Sala, a salué un « homme d’une élégance extraordinaire », rappelant qu’« il est impossible de dissocier Armani de Milan ». L’émotion des anonymes, venus parfois de loin vêtus d’une pièce de la maison Armani, traduisait cette fusion entre le couturier et sa cité. « Armani, c’est Milan », a résumé une habitante, soulignant sa générosité envers les institutions culturelles et sportives de la ville, de la Scala à l’équipe de basket Olympia Milan.
Un héritage universel
Au-delà de son empreinte architecturale et commerciale (musées, boutiques, hôtels) Giorgio Armani a incarné une certaine vision italienne de la modernité : sobriété, perfection de la coupe, élégance intemporelle. « On met un Armani, on est parfait, même vingt ans plus tard », a confié une admiratrice venue spécialement du Piémont.
De Ralph Lauren à Julia Roberts, d’Anna Wintour à Leonardo DiCaprio, les hommages internationaux ont souligné la stature d’un créateur qui, jusqu’à ses derniers jours, travaillait encore à célébrer les 50 ans de sa marque. Dans un message posthume projeté dans le théâtre, Armani a résumé sa philosophie : « Le seul héritage que je souhaite laisser est celui de l’engagement, du respect et du soin sincère pour les gens et pour le réel. »
Après ces adieux populaires, Giorgio Armani sera inhumé ce lundi dans l’intimité familiale, à Piacenza, sa ville natale, laissant Milan et le monde orphelins d’un maître incontesté du style.