Des lycéens revisitent Molière et interrogent le féminisme dans “Précieus(e)s” e
Des lycéens revisitent Molière et interrogent le féminisme dans “Précieus(e)s”

Avec le documentaire Précieus(e)s, la réalisatrice Fanny Guiard-Norel filme une expérience singulière : celle d’un atelier théâtre dans un lycée parisien où des élèves s’attaquent à une relecture contemporaine des Précieuses ridicules de Molière. Sorti en salles le 18 mars, le film suit à la fois ce travail collectif et le cheminement personnel de leur professeure, Cécile Roy-Fleury, dont les certitudes vont peu à peu vaciller au contact de ses élèves.

Une pièce classique revisitée à l’aune du féminisme

Au départ, le projet semble académique : monter une comédie de Molière avec une classe de théâtre. Mais très vite, l’exercice prend une autre dimension. Cécile Roy-Fleury choisit cette œuvre du XVIIe siècle, qui caricature deux jeunes femmes jugées prétentieuses, pour la questionner autrement. Comme elle l’explique dans le documentaire, elle souhaite interroger “une vision extrêmement négative de la femme qui a perduré”, selon des propos rapportés par France Télévisions.

Avec ses élèves, majoritairement des jeunes filles, elle engage alors une réflexion sur le patriarcat et la représentation des femmes dans la littérature. Ce travail les conduit à transformer le texte original, en tentant de sortir de la simple moquerie pour redonner une voix à ces personnages féminins souvent ridiculisés. Une élève établit même un parallèle direct entre la pièce et sa propre vie, affirmant que “les Précieuses, c’est moi”, toujours selon France Télévisions.

Un documentaire entre création collective et introspection

Au fil des répétitions, le film dépasse largement le cadre scolaire. Il devient le portrait intime d’une enseignante qui se remet en question. Elle reconnaît ne s’être jamais vraiment définie comme féministe et découvre, grâce aux échanges avec ses élèves, de nouvelles façons de lire les textes classiques et de penser son propre parcours.

Le documentaire intègre aussi des interventions extérieures, comme celles de l’autrice Agathe Charnet ou de la comédienne Noémie de Lattre, qui apportent un éclairage sur la place des femmes dans le théâtre et la langue. L’une rappelle notamment que moins de 15 % des spectacles subventionnés sont écrits par des femmes.

En suivant cette aventure collective, Précieus(e)s met en lumière une génération plus attentive aux questions d’égalité et d’identité. Le film montre comment un classique peut devenir un terrain de débat contemporain, mais aussi un outil d’émancipation, pour les élèves comme pour leur professeure.

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