Le 7 avril 1768, à Londres, un ancien sergent-major des dragons légers, Philip Astley, ouvre une modeste école d’équitation sur un terrain vague de la rive sud de la Tamise. Pour se distinguer, il y propose chaque après-midi un spectacle de voltige à cheval sur une piste circulaire, qu’il trace simplement au sol. Ce cercle, pensé pour le confort du cavalier autant que pour celui du public, devient sans le savoir l’élément fondateur d’un nouvel art du spectacle : le cirque. L’idée, simple mais brillante, allait faire école dans toute l’Europe.
Rapidement, Astley comprend que l’éblouissement ne se suffit pas du galop. Il ajoute à ses démonstrations équestres des acrobates, des jongleurs, des danseurs de corde et des bouffons. Il invente ainsi un art total, mêlant prouesse, rire et poésie — un théâtre de la piste qui parle à tous, des nobles aux enfants. Le public, conquis, afflue. L’homme à cheval vient, sans le savoir, de faire entrer dans l’histoire le plus populaire des spectacles vivants.
Au fil des décennies, le cirque s’étend, traverse les frontières, s’enrichit d’animaux exotiques, de clowns inoubliables et de grandes dynasties d’artistes. De la piste d’Astley naîtront les chapiteaux itinérants, les cirques en dur des grandes villes, les parades joyeuses dans les rues. Le cirque devient une fête, un monde à part, un lieu d’exploits et d’émerveillements, d’où l’on ressort les yeux pleins d’étincelles. Et tout cela, parce qu’un jour, un cavalier a eu l’idée de tracer un cercle.