Le réalisateur palestinien Basel Adra a reçu un accueil triomphal jeudi 3 avril aux Nations unies, après la projection de No Other Land, documentaire co-réalisé avec l’Israélien Yuval Abraham et lauréat de l’Oscar 2025 du meilleur documentaire. Le film dénonce le déplacement forcé de Palestiniens en Cisjordanie, dans la région de Massafer Yatta, et la violence des colons israéliens, que le cinéaste affirme voir s’intensifier.
Un Oscar, mais une réalité inchangée
Invité par le Comité de l’ONU pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, Basel Adra a pris la parole après la projection de son film pour alerter sur une situation qui, selon lui, « ne fait qu’empirer ». Il a raconté avoir réalisé No Other Land pour montrer « que nous vivons sur cette terre », mais malgré la reconnaissance internationale, la vie sur place reste marquée par l’insécurité : « Presque chaque jour, il y a des attaques de colons à Massafer Yatta et ailleurs en Cisjordanie », a-t-il dénoncé. Il a rappelé que son œuvre, malgré son Oscar, n’a toujours pas trouvé de distributeur aux États-Unis.
Un témoignage sur la violence en Cisjordanie
Le documentaire retrace les expulsions de familles palestiniennes dans une zone que l’armée israélienne considère comme militaire depuis les années 1980, et où vivent environ 3 millions de Palestiniens. Il montre notamment des bulldozers rasant des maisons et les tensions avec des colons israéliens, dont les provocations sont documentées. En 2022, la Cour suprême israélienne a validé l’expulsion des habitants de huit villages dans cette zone.
Selon l’AFP, les violences en Cisjordanie ont considérablement augmenté depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas en octobre 2023. D’après des ONG citées par l’agence, les colons sont régulièrement accusés d’attaques contre les Palestiniens, tandis que près de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies jugées illégales par le droit international.