Le 26 février 1802, Victor Hugo voit le jour à Besançon sous le Consulat. À cette époque, la France, encore marquée par la Révolution, est en pleine transformation. Fils d’un général d’Empire et d’une mère issue de la bourgeoisie nantaise, il grandit dans une atmosphère où se mêlent rigueur militaire et aspirations littéraires. Très tôt, il manifeste une inclination pour l’écriture et la poésie, affirmant à seulement 14 ans : « Je veux être Chateaubriand ou rien. » En 1819, il se distingue en remportant plusieurs prix aux concours de l’Académie des Jeux floraux de Toulouse, affirmant son talent naissant. Ses débuts littéraires le placent parmi les partisans du royalisme, ce qui lui vaut l’attention du roi Louis XVIII, qui lui accorde une pension. Mais au fil des années, son engagement évolue, et son œuvre devient le reflet de ses combats politiques et sociaux.
Dès les années 1820, Victor Hugo s’élève contre la peine de mort, un engagement qu’il illustrera magistralement dans Le Dernier Jour d’un condamné (1829). Parallèlement, il révolutionne la littérature en s’imposant comme le chef de file du romantisme français avec la préface de Cromwell (1827) et le triomphe d’Hernani (1830). Son roman Notre-Dame de Paris (1831) contribue à faire renaître l’intérêt pour le patrimoine médiéval et la conservation des monuments historiques. Mais c’est au mitan de sa vie que son œuvre prend une tournure plus sociale : Les Misérables (1862), fruit de plusieurs décennies de réflexion, devient un chef-d’œuvre universel dénonçant l’injustice et la misère. Hugo ne se contente pas d’être un témoin de son époque : il en est un acteur engagé, plaidant pour les plus démunis, appelant à l’abolition de l’esclavage et défendant l’idée d’une Europe unie.
Son engagement politique le conduit à un exil volontaire après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851. Pendant près de vingt ans, il trouve refuge à Bruxelles, puis sur les îles anglo-normandes de Jersey et Guernesey, refusant de se soumettre au régime impérial. « S’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! » proclame-t-il, résolu à rester fidèle à ses idéaux républicains. Son retour en France, après la chute du Second Empire, est triomphal. Honoré de son vivant, il est célébré comme un monument national. Lorsqu’il s’éteint le 22 mai 1885, la République lui offre des funérailles nationales et le Panthéon devient sa dernière demeure. Victor Hugo laisse derrière lui une œuvre foisonnante, une influence considérable et une empreinte indélébile sur la littérature et l’histoire de France.