Mondial - L’Argentine risque une sanction après la banderole «Les Malouines sont argentines» brandie contre l’Angleterre
Mondial - L’Argentine risque une sanction après la banderole «Les Malouines sont argentines» brandie contre l’Angleterre

L’Argentine s’est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde en renversant l’Angleterre (2-1), mercredi soir à Atlanta. Mais les célébrations de l’Albiceleste ont rapidement pris une tournure politique lorsque plusieurs joueurs ont déployé sur la pelouse une banderole proclamant : « Las Malvinas son Argentinas », soit « Les Malouines sont argentines ». Un geste susceptible de contrevenir directement au règlement de la FIFA.  

Lisandro Martinez et Giovani Lo Celso posent avec la banderole

La scène se déroule après le coup de sifflet final, alors que les champions du monde en titre célèbrent leur qualification devant leurs supporters. Lisandro Martinez et Giovani Lo Celso récupèrent une banderole blanche sur laquelle est inscrit en grandes lettres noires : « Las Malvinas son Argentinas ».

Les deux internationaux argentins la déploient sur la pelouse, posent derrière le message et saluent les tribunes. L’origine exacte de la banderole n’est pas établie. Aucun élément ne permet pour l’instant d’affirmer qu’elle avait été préparée ou introduite dans le stade par la délégation argentine. Cette revendication vise l’archipel des Malouines, appelé Falkland Islands au Royaume-Uni et Islas Malvinas en Argentine. Le territoire, administré par Londres, reste officiellement revendiqué par Buenos Aires.

Une célébration politique après une qualification renversante

Quelques minutes auparavant, l’Argentine vient d’arracher sa place en finale au terme d’une fin de match spectaculaire. L’Angleterre ouvre le score à la 55e minute par Anthony Gordon et conserve son avantage jusqu’à l’approche du terme. Enzo Fernandez égalise à la 85e minute, avant que Lautaro Martinez ne donne la victoire à l’Albiceleste dans le temps additionnel, sur une nouvelle passe décisive de Lionel Messi. L’Argentine s’impose 2-1 et rejoint l’Espagne en finale. La banderole transforme cependant une partie des célébrations sportives en déclaration diplomatique, dans un match déjà chargé par l’histoire conflictuelle entre les deux pays.

Le règlement de la FIFA interdit clairement les messages politiques

Le règlement de la Coupe du monde 2026 interdit aux joueurs et aux membres des staffs d’afficher des messages politiques, religieux ou personnels, quelle que soit leur langue ou leur forme, avant, pendant ou après une rencontre. Le code de conduite applicable dans les stades interdit également les banderoles, drapeaux, vêtements et autres objets présentant un caractère politique, offensant ou discriminatoire. La phrase affirmant que les Malouines appartiennent à l’Argentine entre directement dans le cadre d’une revendication territoriale et politique. La Fédération argentine et les joueurs concernés peuvent donc faire l’objet d’une procédure disciplinaire. La FIFA peut notamment prononcer un avertissement, une réprimande ou une amende, en fonction de la qualification retenue et des responsabilités établies. À ce stade, aucune sanction n’a été annoncée.

Le gouvernement britannique réclame une enquête

La scène provoque rapidement une réaction au Royaume-Uni. Le ministre britannique du Commerce et des Entreprises, Peter Kyle, juge le comportement des joueurs argentins « totalement inapproprié » et demande à la FIFA d’examiner formellement l’incident. Le responsable britannique estime que les considérations politiques doivent rester séparées de la Coupe du monde et oppose cette célébration à l’attitude des joueurs anglais après leur élimination. La FIFA n’a pas encore rendu publique sa position définitive sur cette banderole ni indiqué si une procédure disciplinaire avait été officiellement ouverte.

Les références aux Malouines avaient pourtant été interdites avant le match

La sensibilité du sujet avait été identifiée avant même la demi-finale. Les autorités américaines et argentines avaient classé la rencontre parmi les matchs les plus sensibles du tournoi, avec environ 30 000 supporters argentins et 20 000 Anglais attendus au stade d’Atlanta. Les spectateurs avaient été prévenus que les drapeaux, maillots ou banderoles portant des inscriptions relatives aux Malouines pourraient être refusés à l’entrée. La ministre argentine de la Sécurité avait elle-même reconnu que la phrase « Les Malouines sont argentines » constituait un message politique susceptible d’être considéré comme provocateur. Malgré ces contrôles, la banderole apparaît finalement sur la pelouse entre les mains de joueurs argentins après la rencontre.

Une guerre toujours au cœur des relations entre Londres et Buenos Aires

L’Argentine revendique les Malouines depuis le XIXe siècle et considère que le Royaume-Uni occupe illégalement l’archipel depuis 1833. Londres affirme de son côté exercer sa souveraineté sur ce territoire britannique d’outre-mer et s’appuie sur la volonté exprimée par l’immense majorité de ses habitants de rester rattachés au Royaume-Uni. Le différend conduit à une guerre en 1982 après l’invasion des îles par la dictature militaire argentine. Le conflit dure du 2 avril au 14 juin et se termine par la capitulation de l’Argentine. Il fait 649 morts parmi les militaires argentins, 255 parmi les forces britanniques et trois victimes civiles. Depuis, Buenos Aires maintient sa revendication de souveraineté, tandis que Londres refuse toute négociation remettant en cause le choix des habitants de l’archipel.

Une polémique qui accompagne désormais l’Argentine jusqu’à la finale

Lionel Scaloni avait pourtant tenté de réduire la portée politique de cette affiche avant le match, en rappelant qu’il s’agissait uniquement d’une rencontre de football. Plusieurs associations argentines d’anciens combattants avaient également demandé de ne pas présenter cette demi-finale comme une revanche de la guerre de 1982.  La banderole brandie après la victoire produit l’effet inverse. Alors que l’Argentine doit désormais préparer sa finale contre l’Espagne, la Fédération argentine attend de savoir si la FIFA décidera d’engager des poursuites contre la sélection ou contre les joueurs directement impliqués.

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