Le cinéaste américain, lauréat de plusieurs Oscars et figure discrète mais marquante du cinéma hollywoodien des années 1970-1980, est mort ce mardi à Los Angeles.
L’homme derrière l’un des plus grands succès des années 1970
Robert Benton, célèbre pour avoir réalisé Kramer contre Kramer, est décédé le 13 mai à l’âge de 92 ans, a confirmé son avocate Hillary Bibicoff à l’AFP. Ce réalisateur et scénariste originaire du Texas, salué pour son humilité et sa finesse, laisse derrière lui une œuvre rare mais profondément respectée. Son épouse Sallie est décédée en 2023, il laisse un fils.
Son nom reste attaché à Kramer contre Kramer, sorti en 1979. Le film, qui explore avec sobriété et émotion les douleurs d’un divorce et la bataille judiciaire pour la garde d’un enfant, est devenu un jalon du cinéma américain. Récompensé de cinq Oscars – dont ceux du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté pour Benton, ainsi que ceux des meilleurs acteurs pour Dustin Hoffman et Meryl Streep – il a propulsé son auteur dans le cercle restreint des cinéastes oscarisés les plus influents de l’époque.
Une carrière marquée par la retenue et la profondeur
Avant de passer derrière la caméra, Benton s’était illustré comme scénariste. Il coécrit en 1967 Bonnie and Clyde, œuvre emblématique du Nouvel Hollywood, qui marque une rupture dans la représentation de la violence et du couple au cinéma. Il participera aussi au scénario de Superman (1978), porté par Christopher Reeve.
Admirateur fervent du cinéma de la Nouvelle Vague française, Robert Benton avait été qualifié par le New York Times d’“héritier de François Truffaut”. Ironie du sort : les studios avaient d’abord proposé la réalisation de Kramer contre Kramer à Truffaut, qui refusa, ouvrant la voie à Benton.
Il signa également Les Saisons du cœur en 1984, chronique sensible d’une veuve texane dans l’Amérique de la Grande Dépression, qui lui valut un Oscar supplémentaire pour le scénario original et un autre pour Sally Field, sacrée meilleure actrice.
L’éloge d’un cinéaste discret
Avec une filmographie resserrée – à peine plus d’une dizaine de longs-métrages en quarante ans de carrière – Benton reste un exemple de cinéaste soucieux de profondeur plus que de productivité. Malgré une sévère dyslexie dans sa jeunesse, il s’est affirmé comme un narrateur délicat, préférant s’effacer derrière ses personnages.
Lors d’une projection en 2018 à Hollywood, il confiait avec modestie : « Il y a des réalisateurs qui savent tirer le meilleur des acteurs. Je ne suis pas l’un d’entre eux. J’ai juste eu la chance d’en croiser d’extraordinairement bons. » Et d’ajouter avec humour : « J’ai surtout essayé de ne pas me mettre en travers de leur chemin… ce qui n’est pas si facile. »
Avec sa disparition, c’est une figure discrète mais essentielle de l’âge d’or du cinéma américain qui tire sa révérence.