Pour garantir davantage d’équité, l’Académie des Oscars impose une règle inédite à ses membres : le visionnage complet de chaque œuvre nommée devient obligatoire pour participer au vote final.
Une réforme pour limiter les votes biaisés
C’est une petite révolution dans le fonctionnement des Oscars. À partir de la 98e édition, prévue pour le 15 mars 2026, les membres de l’Académie ne pourront plus voter dans une catégorie sans avoir visionné tous les films concernés. L’organisation, dans un communiqué publié le 21 avril 2025, affirme vouloir ainsi renforcer la légitimité des résultats. Jusqu’à présent, il suffisait de certifier sur l’honneur avoir vu les films. Mais cette déclaration restait souvent symbolique et n’empêchait pas certains votants de se laisser influencer par les tendances, sans passer par la case projection.
Pour pallier ce laxisme, l’Académie compte s’appuyer sur sa propre plateforme de streaming, réservée aux membres, pour suivre les visionnages. Si un film est vu ailleurs (en festival ou projection privée), le votant devra remplir un formulaire précisant quand et où il l’a vu, selon les informations du Hollywood Reporter. Cette décision s’aligne sur les pratiques déjà adoptées par d’autres institutions comme les BAFTA au Royaume-Uni.
Intelligence artificielle et nouvelles récompenses au programme
Cette réforme s’inscrit dans une série de changements plus larges. Début avril, l’Académie a annoncé la création d’un Oscar dédié aux cascadeurs, une catégorie longtemps réclamée par la profession. Elle a aussi clarifié sa position sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les films. Face aux débats provoqués par The Brutalist ou Emilia Pérez lors de l’édition 2025, l’organisation a choisi de ne pas exclure les œuvres ayant recours à cette technologie.
Toutefois, l’Académie insiste sur un principe : « la place de l’humain au cœur du processus créatif » reste centrale. Ainsi, l’utilisation d’outils numériques ou génératifs ne favorisera ni ne pénalisera un film dans la course aux statuettes. Chaque branche, qu’il s’agisse de la photographie, du montage ou du scénario, devra évaluer si l’âme du film repose bien sur une vision artistique humaine.
Ces ajustements traduisent une volonté d’adaptation à un paysage cinématographique en constante mutation, tout en réaffirmant les exigences éthiques et professionnelles d’un prix qui, après bientôt un siècle d’existence, cherche à rester exemplaire.