Le dramaturge britannique Tom Stoppard est décédé à l’âge de 88 ans dans le sud-ouest de l’Angleterre, a fait savoir l’agence United Agents qui le représentait. Récompensé pour ses pièces acclamées et ses scénarios de films cultes, il laisse derrière lui une œuvre dense, entre audace théâtrale et succès hollywoodiens.
Une carrière entre scènes et écrans
Peu connu du grand public, Tom Stoppard a pourtant marqué durablement le théâtre anglophone et le cinéma international. Né en 1937 en Tchécoslovaquie dans une famille juive ayant fui les nazis, il s’installe en Angleterre après la guerre. Il débute comme journaliste avant de percer dans les années 1960 avec Rosencrantz et Guildenstern sont morts, une pièce absurde qui détourne Hamlet. Adaptée au cinéma en 1990 avec Gary Oldman et Tim Roth, cette seule réalisation de Stoppard fut couronnée du Lion d’or à la Mostra de Venise.
Sur le grand écran, il signe plusieurs scénarios marquants : Brazil de Terry Gilliam, L’Empire du Soleil réalisé par Steven Spielberg, ou encore Anna Karénine de Joe Wright. Il participe également à l’écriture d’Indiana Jones et la dernière croisade et de Star Wars, épisode III, selon l’AFP. En 1998, son travail est reconnu à Hollywood lorsqu’il reçoit l’Oscar du meilleur scénario pour Shakespeare in Love.
Une plume acclamée jusqu’à la fin
Stoppard n’a jamais cessé d’écrire pour le théâtre. Il a signé plus de trente pièces au fil de sa carrière, explorant des thèmes aussi divers que la philosophie, le totalitarisme ou la mémoire juive. Sa dernière œuvre, Leopoldstadt, qui retrace l’histoire d’une famille juive viennoise bouleversée par la montée du nazisme, est l’une de ses plus personnelles. Cette pièce a remporté en 2023 quatre Tony Awards, dont celui de la meilleure pièce.
L’agence United Agents, qui a annoncé son décès, a salué une œuvre marquée par « son esprit, sa générosité et son amour profond de la langue anglaise ». Mick Jagger lui-même lui a rendu hommage sur le réseau X en le qualifiant de « dramaturge préféré », évoquant « un corpus majestueux d’œuvres intellectuelles et amusantes ».
Récompensé tout au long de sa carrière par des Tony Awards (pour Travesties, The Real Thing ou The Coast of Utopia), Tom Stoppard s’est imposé comme une figure majeure du théâtre contemporain, mêlant érudition, humour et légèreté. Engagé dans les années 1970 aux côtés des dissidents soviétiques, il a su faire de la scène un espace de réflexion et de résistance. Jusqu’au bout, il aura défendu l’idée qu’on peut traiter les sujets les plus graves sans renoncer à la légèreté.