Sorti ce mercredi 28 mai, Hot Milk est l’adaptation du roman de Deborah Levy, publié en France en 2024. Mêlant drame psychologique et récit initiatique, le film marque les débuts à la réalisation de Rebecca Lenkiewicz, connue jusqu’ici pour son travail de scénariste (Colette, She Said). Elle s’entoure pour l’occasion d’un trio d’actrices reconnues : Emma Mackey, Fiona Shaw et Vicky Krieps.
Un été sous tension entre mère et fille
L’histoire suit Sofia, une jeune chercheuse en anthropologie, qui interrompt sa thèse pour accompagner sa mère Rose dans une clinique expérimentale à Almería, dans le sud de l’Espagne. Rose souffre d’un mal mystérieux qui l’empêche de marcher, mais dont l’origine semble aussi psychologique que physique. Tandis que les traitements du Dr Gomez s’enchaînent, Sofia erre dans la chaleur écrasante, entre errance existentielle et début d’éveil personnel. La rencontre d’Ingrid, une jeune femme magnétique et libre, vient bouleverser ses repères.
Le film explore des thématiques complexes : la dépendance entre générations, le désir enfoui, les illusions de la guérison ou encore les silences familiaux. Le paysage méditerranéen, sec et lumineux, devient le reflet de cette tension intérieure. La mise en scène joue sur les contrastes – entre immobilité et mouvement, chaleur et froideur – et laisse beaucoup de place aux regards, aux silences, aux gestes retenus.
Une réception partagée mais curieuse
Présenté comme une adaptation fidèle à l’esprit du roman, Hot Milk intrigue autant qu’il divise. Les critiques soulignent la sobriété de la réalisation et l’élégance de l’image, mais évoquent aussi un rythme lent et une narration fragmentée, qui pourront désorienter les spectateurs peu familiers de l’œuvre d’origine. Les performances des actrices principales, notamment Fiona Shaw en mère manipulatrice et Emma Mackey en fille à la dérive, ont été largement saluées.
Certains critiques regrettent toutefois que la relation entre Sofia et Ingrid reste trop suggérée, manquant d’intensité ou de clarté dans ses enjeux. D’autres saluent au contraire cette approche en creux, qui épouse les ambiguïtés du livre. En tout cas, Hot Milk ne laisse pas indifférent. Il propose une adaptation atmosphérique et sensorielle, qui cherche moins à expliquer qu’à faire ressentir.
Le film poursuit ainsi la tradition des récits introspectifs portés à l’écran, dans la lignée de Fish Tank ou We Need to Talk About Kevin, deux œuvres produites par Christine Langan, également aux manettes ici. Une adaptation qui, sans faire l’unanimité, interroge avec finesse les liens familiaux et les désirs tus.