Un vaste mouvement de boycott prend forme dans le milieu du cinéma international. Dans une lettre ouverte publiée le 8 septembre par The Guardian, 1 500 personnalités du septième art, parmi lesquelles Javier Bardem, Olivia Colman, Tilda Swinton ou encore Mark Ruffalo, annoncent qu’elles refuseront désormais toute collaboration avec des structures cinématographiques israéliennes qu’elles estiment liées à la guerre menée à Gaza. Cette mobilisation s’inscrit dans une volonté de répondre à ce que les signataires décrivent comme une « complicité institutionnelle » dans les violences en cours.
Un mouvement international soutenu par des stars du cinéma
À l’origine de cette tribune, le collectif Film Workers for Palestine, qui s’inspire du modèle de boycott culturel mené contre l’Afrique du Sud durant l’apartheid. Leur objectif : couper toute relation avec les festivals, studios, diffuseurs ou salles israéliennes qui, selon eux, minimisent ou justifient la politique militaire d’Israël à Gaza. Parmi les événements spécifiquement visés figurent notamment le Festival du film de Jérusalem et le Docaviv, critiqués pour leur collaboration avec des entités gouvernementales israéliennes.
Le texte, signé aussi par Ava DuVernay, Riz Ahmed, Yorgos Lanthimos, Ayo Edebiri ou encore Josh O’Connor, précise que cette position ne vise pas les artistes israéliens eux-mêmes, mais les institutions accusées de soutenir l’offensive israélienne ou de rester silencieuses face aux violences. Il s’agit, selon les signataires, d’une réponse directe à l’appel lancé par des cinéastes palestiniens qui dénoncent un climat de racisme et de déshumanisation.
Une mobilisation culturelle qui s’amplifie depuis 2023
Ce n’est pas la première fois que le monde de la culture se mobilise publiquement sur le conflit israélo-palestinien. Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a coûté la vie à 1 219 personnes côté israélien selon l’AFP, de nombreuses voix se sont élevées contre les représailles menées à Gaza. Celles-ci ont provoqué la mort d’au moins 64 368 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, relayés par l’ONU.
En mai dernier, lors du Festival de Cannes, une pétition avait déjà été signée par près de 900 artistes, dont Pedro Almodóvar, Joaquin Phoenix, Juliette Binoche ou Susan Sarandon, pour dénoncer le silence autour des événements à Gaza. Fin août, c’est le collectif italien Venice4Palestine qui avait interpellé le Festival de Venise en appelant à une prise de position explicite, soutenu par plus de 2 000 signatures, dont celles de Ken Loach et Guillermo del Toro.
En ciblant ce qu’ils appellent « l’implication systémique » d’une partie de l’industrie culturelle israélienne, les signataires de la tribune entendent faire pression par le biais du boycott culturel, estimant que le silence ou la neutralité ne sont plus acceptables face à l’ampleur du drame humanitaire.