En marge du Festival de Cannes, près de 900 figures du monde du cinéma et de la société civile ont signé une tribune dénonçant le “silence” autour de ce qu’ils qualifient de “génocide en cours à Gaza”. Une mobilisation inédite dans le cadre du festival, qui place la situation au Proche-Orient au cœur du débat public international.
Un appel à la prise de conscience
La tribune initiale a été publiée le 13 mai dans le quotidien Libération et le magazine américain Variety, initiée par plusieurs collectifs d’artistes et militants. Le texte exige un engagement clair de la communauté internationale et du monde de la culture contre les violences perpétrées à Gaza. “Nous refusons l’indifférence. Nous refusons le silence complice”, peut-on y lire.
Initialement signée par des personnalités de premier plan comme Ralph Fiennes, Richard Gere, Javier Bardem, Pedro Almodóvar ou encore Susan Sarandon, la liste s’est enrichie ces derniers jours de noms emblématiques du cinéma français et international.
Des voix du cinéma pour Gaza
Catherine Deneuve, sa fille Chiara Mastroianni, Léa Seydoux ou encore François Civil ont récemment rejoint les rangs des signataires, tout comme le réalisateur norvégien Joachim Trier (en compétition cette année) et le cinéaste britannique Danny Boyle. L’activiste Julian Assange a également apporté son soutien symbolique à la démarche.
Juliette Binoche, présidente du jury cannois 2025, a intégré la liste à son tour, rendant hommage lors de son discours d’ouverture à Fatima Hassouna, une photojournaliste gazaouie tuée dans un bombardement israélien le 16 avril, au lendemain de l’annonce de la sélection à Cannes d’un documentaire dont elle était l’une des protagonistes.
Un hommage à Fatima Hassouna et à la liberté de la presse
Le documentaire en question, Put Your Soul on Your Hand and Walk, de la réalisatrice iranienne Sepideh Farsi, est présenté dans la section ACID, qui soutient les cinémas indépendants. Le film suit le quotidien de jeunes Gazaouis, dont Fatima Hassouna, dans un contexte de guerre et de privation. Âgée de seulement 25 ans, la photojournaliste a été tuée avec plusieurs membres de sa famille lors d’un raid israélien sur Gaza.
Une conférence de presse s’est tenue ce sur la Croisette en présence de Sepideh Farsi, de Francesca Albanese (rapporteuse spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens), et de représentants d’Amnesty International, Médecins sans frontières et Reporters sans frontières. Ensemble, ils ont dénoncé les violations des droits humains à Gaza, la mort de nombreux journalistes et civils, ainsi que l’impunité persistante.
La libération immédiate des otages détenus par le Hamas également demandée
Au-delà du soutien à la population palestinienne, les signataires appellent également à la “libération immédiate et inconditionnelle” des otages toujours détenus par le Hamas. Cette prise de position vise à dépasser les clivages et rappeler la nécessité d’une justice équilibrée pour toutes les victimes du conflit.
“Il ne s’agit pas d’opposer des douleurs, mais d’ouvrir les yeux sur une tragédie humanitaire que beaucoup préfèrent ignorer”, a déclaré Francesca Albanese. RSF, de son côté, a rappelé que plus de 100 journalistes palestiniens ont été tués depuis le début du conflit, ce qui constitue “l’un des bilans les plus dramatiques pour la presse depuis des décennies”.