Une première dans l’histoire du Festival de Cannes : à la demande de la direction du festival, un acteur est interdit de tapis rouge en raison d’une affaire judiciaire non classée définitivement.
L’acteur français Théo Navarro-Mussy ne participera pas à la présentation du film Dossier 137, projeté jeudi 15 mai en compétition officielle. Une décision prise par Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, en accord avec l’équipe du film, à la suite d’accusations de violences sexuelles visant le comédien. C’est une mesure inédite pour le plus grand festival de cinéma au monde, qui assure désormais exiger de chaque production des garanties sur le respect de la sécurité et de l’intégrité des personnes impliquées dans les tournages.
Une plainte classée, mais un recours annoncé
Les faits reprochés à l’acteur remontent à la période 2018-2020. Trois anciennes compagnes ont déposé plainte pour viols, violences physiques et psychologiques. L’enquête a été classée sans suite en avril 2025 pour « infraction insuffisamment caractérisée », mais les plaignantes ont annoncé leur intention de poursuivre la procédure en se constituant partie civile. Contacté par la presse, Théo Navarro-Mussy s’est dit « mis hors de cause à ce stade » et son avocate a affirmé ne pas avoir connaissance d’un recours déjà engagé.
Pour le Festival, l’enjeu n’est pas seulement judiciaire mais éthique. Thierry Frémaux justifie l’exclusion de l’acteur par le fait que la procédure est toujours active et qu’un recours a été engagé. Il affirme que chaque dossier doit désormais être traité « au cas par cas », surtout en présence d’éléments récents ou sensibles.
Une ligne de conduite renforcée pour l’avenir
L’affaire a été remontée par l’Association des acteur·ices et a conduit Cannes à réaffirmer ses engagements. La direction du festival demande désormais à chaque production d’attester que les conditions de tournage respectaient la dignité des personnes impliquées. Une autre personnalité du cinéma fait actuellement l’objet d’un signalement, selon les organisateurs, qui disent attendre des éléments complémentaires avant d’agir.
Alors que l’édition 2025 du Festival vient à peine de commencer, cette décision marque un tournant. Cannes, régulièrement interpellé sur sa gestion des affaires de violences sexuelles, semble amorcer une inflexion majeure dans son positionnement. Cette exclusion pourrait faire date, à l’heure où les institutions culturelles sont de plus en plus appelées à adopter une position claire face aux comportements problématiques dans le milieu du cinéma.