La réalisatrice américaine Kate Beecroft signe avec The New West un premier long-métrage qui a reçu le Prix du Public au festival de Sundance avant de sortir en salles le 6 mai. Le film est né d’une rencontre : lors d’un séjour d’exploration dans le Dakota du Sud avec son directeur de la photographie Austin Shelton, Beecroft a découvert Tabatha Zimiga et sa fille Porshia, qui gèrent un ranch dans les Badlands. Trois années de séjours répétés, d’immersion dans leur quotidien et leurs histoires ont donné naissance à ce docufiction de haute tenue, dans lequel mère et fille jouent leur propre rôle aux côtés d’acteurs professionnels comme Jennifer Ehle et Scoot McNairy.
Trois générations de femmes, des chevaux, du hip-hop et TikTok dans le Midwest
Le film déroule un portrait de famille au féminin sur fond de grands espaces américains. Tabatha, dresseuse de chevaux à la chevelure punk et aux nombreux tatouages, héberge dans son ranch une tribu d’adolescents en souffrance à qui elle transmet sa passion pour les chevaux et le rodéo. Sa fille Porshia, cavalière brillante et ambitieuse, est hantée par le deuil de son beau-père, mort un an plus tôt — l’homme qui lui avait tout appris. Autour d’elles, une grand-mère irrésistible incarnée par Jennifer Ehle, et une communauté de femmes meurtries par la vie. Là-bas, la country a cédé la place au hip-hop, et les chevaux se vendent sur TikTok. « Bienvenue dans le nouveau Far West ! », lance Tabatha à Roy, l’éleveur fortuné venu proposer le rachat du ranch — une formule qui résume l’étrangeté fascinante d’un Midwest bien loin des clichés hollywoodiens. Le film rappelle discrètement les premiers films de Chloé Zhao dans sa façon de filmer la débrouille et l’attachement à une terre familiale.
La séquence d’anniversaire, point d’orgue d’un film à ne pas manquer
Sans manquer ni d’action ni d’humour, The New West porte aussi des séquences d’une grande intensité émotionnelle. La plus marquante est une soirée d’anniversaire au cours de laquelle les femmes se remémorent les violences et abus qu’elles ont subis, et où Tabatha dévoile enfin le traumatisme avec lequel elle doit vivre. Tabatha Zimiga et sa fille Porshia, dans leur propre rôle, sont bluffantes de naturel et de présence. Un beau film, généreux et intelligent, qui défait l’imaginaire du western sans jamais déserter la puissance des paysages américains.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.