Quand l’affiche de cinéma devient une œuvre d’art à part entière
Faire impression

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé explore l’histoire visuelle du 7e art à travers une exposition inédite sur les affiches de films, à découvrir jusqu’au 27 septembre 2025.

Une exposition pour redonner à l’affiche ses lettres de noblesse

Longtemps reléguée au rang de simple outil promotionnel, l’affiche de cinéma révèle aujourd’hui toute sa richesse artistique à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. Intitulée Faire impression. Quand l’affiche de cinéma s’invente, l’exposition retrace l’évolution de ce médium visuel, de ses balbutiements à la fin du XIXe siècle jusqu’aux grandes révolutions graphiques de l’après-guerre. Un parcours immersif, nourri d’une cinquantaine d’affiches rares, permet de découvrir comment ces visuels ont façonné notre imaginaire cinématographique bien avant la projection du premier plan.

L’exposition s’ouvre sur les toutes premières affiches du cinématographe Lumière, apparues dès 1896, et met en lumière le rôle pionnier joué par Pathé dès 1902 dans la promotion de ses productions par le biais de grandes affiches illustrées. Conçues comme de véritables tableaux, ces œuvres reflètent les styles et les aspirations de leur époque, entre rêves exotiques, récits historiques ou comédies populaires. Signées par des artistes tels que Cândido de Faria, Misti, Raphaël Freida ou encore Daniel de Losques, elles illustrent aussi bien les grands bouleversements esthétiques que la montée en puissance des vedettes comme Max Linder ou Mistinguett.

Un patrimoine artistique entre publicité, modernité et mémoire du cinéma

L’exposition ne se limite pas à une galerie d’affiches anciennes : elle les accompagne de documents d’archives, de dessins originaux, de photographies du musée Albert-Kahn et de projections d’extraits de films. L’ensemble souligne l’intense dialogue entre art, publicité et cinéma. À travers ces œuvres, le visiteur plonge dans un Paris où l’affiche s’impose dans l’espace urbain, captant le regard du passant, le séduisant, voire le troublant. Des noms issus de la presse, de la mode ou du dessin satirique composent l’univers des affichistes, à l’image de Maurice Neumont ou Fernand Léger, dont les expérimentations graphiques incarnent l’audace des avant-gardes.

Les visiteurs pourront prolonger l’expérience lors des visites guidées hebdomadaires ou des ciné-concerts proposés chaque jeudi, mais aussi à travers une programmation de films restaurés présentés dès le 16 mai dans la cinémathèque de la Fondation. Un micro-colloque est prévu le 26 septembre pour explorer les enjeux historiques et artistiques de la naissance de l’affiche de cinéma, réunissant chercheurs et passionnés.

Avec Faire impression, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé offre un regard précieux sur ce pan souvent méconnu du patrimoine cinématographique, en rappelant que l’affiche, bien plus qu’un outil marketing, peut être une œuvre d’art à part entière.

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