«Le Mélange des genres» : une comédie acide sur les dérives du militantisme
Le Mélange des genres

Avec Le Mélange des genres, Michel Leclerc signe une nouvelle satire sociale grinçante, qui s’attaque cette fois aux retombées du mouvement #MeToo. Léa Drucker et Benjamin Lavernhe y incarnent un duo improbable au cœur d’une intrigue où la confusion entre justice et militantisme fait des ravages.

Une comédie piquante sur un terrain glissant

Simone, policière rigide et peu sensible aux combats féministes, infiltre un collectif radical soupçonné de couvrir un meurtre. Pour protéger sa couverture, elle accuse un inconnu de passage, Paul, d’agression sexuelle. Sauf que Paul – joué avec une finesse décalée par Benjamin Lavernhe – est l’archétype de l’homme moderne, doux, maladroit, fervent féministe, bref, le coupable idéal… pour une société en quête de boucs émissaires.

Le film, écrit avec Baya Kasmi, multiplie les scènes cocasses sans jamais épargner ses personnages. Ni les féministes, caricaturées parfois à l’extrême, ni les mâles dominants, ni même les “hommes déconstruits” échappant à leur propre image. Le tout dans un style burlesque assumé, qui rappelle par instants les comédies de Pierre Richard ou de Jacques Tati.

Un casting solide pour une réflexion mordante

Lauréat du prix d’interprétation masculine au Festival de l’Alpe d’Huez, Benjamin Lavernhe livre une prestation touchante dans la peau d’un homme dépassé par les codes mouvants de son époque. Léa Drucker, en flic conservatrice en pleine métamorphose, lui donne la réplique avec nuance. Autour d’eux, Melha Bedia, Judith Chemla ou encore Vincent Elbaz enrichissent cette galerie de personnages oscillant entre caricature et sincérité.

Si le film vacille parfois entre la légèreté du ton et la gravité de son propos – notamment dans sa manière de traiter l’accusation de viol –, il parvient à capturer une époque en tension, où les repères s’effacent et les rapports de genre se renégocient à vue. Le Mélange des genres n’apporte pas de réponses définitives, mais offre un miroir parfois déformant, souvent drôle, sur une société en pleine mutation.

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