Le metteur en scène et directeur artistique des cérémonies des Jeux olympiques de Paris 2024, Thomas Jolly, a reçu lundi soir un Molière d’honneur lors de la 36e Nuit des Molières. Un prix salué par une ovation debout dans la salle des Folies Bergère, que l’artiste a mis à profit pour livrer un discours fort en faveur du spectacle vivant, appelant à la vigilance et à l’unité face aux menaces qui pèsent sur la liberté de création.
Un hommage au théâtre et à ses vertus éducatives
Devant un parterre de professionnels du théâtre public et privé, Thomas Jolly a rappelé que son parcours avait commencé dans une option théâtre au lycée, un enseignement artistique aujourd’hui menacé. « Le théâtre a été un outil salvateur », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de ces filières pour les adolescents, et sur leur capacité à façonner des parcours inspirants. L’artiste, qui a dirigé les cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, a ainsi tenu à partager cette distinction avec le spectacle vivant tout entier, salué comme un vecteur de lien social et de résilience collective.
Son intervention, à la fois politique et émotive, a fait écho à la tension actuelle autour des enjeux culturels en France. Évoquant les critiques dont a fait l’objet sa mise en scène des JO — notamment venue de cercles conservateurs et d’extrême droite —, Thomas Jolly a dénoncé « une liberté de création prise pour cible » et alerté sur le recul de la place de la culture dans certains territoires depuis la rentrée.
Un appel à la mobilisation du monde culturel
Dans un contexte où les coupes budgétaires affectent durement les institutions culturelles, l’artiste a lancé un appel clair à la mobilisation : « Soyons prêts à en découdre mais surtout, comme ces cérémonies l’ont montré, à recoudre, nous recoudre ! » Une formule devenue leitmotiv de son discours, dans lequel il a souligné l’importance de préserver le spectacle vivant comme outil de cohésion, de pensée et de liberté.
Ce Molière d’honneur vient couronner une année marquante pour Thomas Jolly, dont les cérémonies olympiques, notamment celle d’ouverture sur la Seine en juillet 2024, ont été saluées en France comme à l’international pour leur audace et leur portée symbolique.
Dans une édition 2025 dominée par les succès du Soulier de satin d’Éric Ruf et de Du charbon dans les veines de Jean-Philippe Daguerre, le discours de Thomas Jolly s’est imposé comme un temps fort de la soirée, rappelant que l’art, au-delà de la scène, est aussi un engagement. Le texte voté à l’unanimité du public ne portait pas sur une œuvre, mais sur une cause : celle d’un spectacle vivant libre, ouvert et essentiel.