Cannes — À Cannes, le documentaire sur John Lennon bouleverse malgré une IA qui dérange
À Cannes, le documentaire sur John Lennon bouleverse malgré une IA qui dérange

Présenté en séance spéciale au Festival de Cannes, John Lennon: The Last Interview marque le retour de Steven Soderbergh au documentaire avec un projet particulièrement chargé d’émotion. Le film revient sur la toute dernière interview accordée par John Lennon quelques heures avant son assassinat, le 8 décembre 1980 à New York.

Dès son annonce, la projection a suscité une forte attente sur la Croisette. Plusieurs figures du cinéma et de la musique avaient fait le déplacement, parmi lesquelles Peter Jackson, déjà auteur de la série documentaire The Beatles: Get Back. Le long-métrage de Steven Soderbergh dévoile pour la première fois l’intégralité de cet échange intime mené avec Lennon et Yoko Ono au moment de la sortie de leur album Double Fantasy.

Une parole intime et bouleversante

Pendant près de cent minutes, le documentaire replonge dans cette conversation captée quelques heures avant la tragédie. Fatigué mais apaisé, John Lennon y évoque librement sa vie personnelle, sa paternité, son rapport à la célébrité, la politique mais aussi son histoire avec les The Beatles.

L’artiste revient notamment sur ses relations avec Paul McCartney et sur l’importance de Yoko Ono dans sa reconstruction artistique et personnelle. Le film montre un homme serein, loin de l’image tourmentée qui lui a souvent été associée après la séparation du groupe.

Pour enrichir ce matériau sonore, Steven Soderbergh mêle archives inédites, photographies et témoignages des journalistes présents ce jour-là. Plusieurs critiques saluent la puissance émotionnelle du documentaire, capable de faire revivre une voix et une époque entière, entre idéalisme des années 1970 et désillusions politiques du début des années 1980.

L’utilisation de l’IA provoque le malaise

Mais malgré la force du témoignage, un élément divise fortement les spectateurs et la critique : l’usage de séquences animées générées par intelligence artificielle. Certaines scènes destinées à illustrer les souvenirs ou les pensées de John Lennon ont été créées grâce à des outils d’IA générative, un choix artistique qui ne convainc pas tout le monde.

Plusieurs médias estiment que ces passages parasitent l’émotion brute de l’entretien original. Là où les archives suffisent souvent à créer une proximité saisissante avec le musicien, ces animations numériques donnent parfois l’impression de rompre la sincérité du récit.

Le contraste apparaît d’autant plus fort que le documentaire repose avant tout sur la simplicité d’une conversation profondément humaine. Derrière les artifices technologiques, c’est finalement la voix éraillée et lumineuse de John Lennon qui reste au cœur du film. Une présence bouleversante, rendue encore plus tragique par le fait que quelques heures après cet entretien, le chanteur était assassiné devant son immeuble new-yorkais.

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